Le Front de libération nationale (FLN) vit une nouvelle crise. En l’absence d’Amar Saadani, en retrait de la vie politique depuis plusieurs mois, les redresseurs veulent reprendre du poil de la bête et préparent  le chemin au retour, par la grande porte, de Abdelaziz Belkhadem.

Alor qu’ils sont interdits de réunions publiques depuis plusieurs mois, les redresseurs du FLN ne perdent pas espoir de déboulonner Amar Saadani. Plus, les opposants à l’actuel secrétaire général balisent le terrain au retour de Abdelaziz Belkhadem, deux ans après sa mise à l’écart du parti.

L’ancien premier ministre qui a longtemps œuvré en coulisse, multiplie, en effet, les rencontres ces derniers temps. S’il tente de minimiser la portée de ces conciliabules en affirmant aux médias qu’il «n’a jamais coupé» les ponts avec les cadres de son parti, Abdelaziz Belkhadem ne peut plus cacher son ambition de reprendre les rênes d’un parti qui ne cesse de connaître des déconvenues. Dans un message rapporté aux militants par Abderrehmane Belayat, Abdelaziz Belkhadem demande aux adhérents de son parti de «s’unir» pour «dépasser la crise» dans laquelle est empêtré le parti.

Pour tenter d’apparaître comme l’homme du rassemblement, Abdelaziz Belkhadem doit également rencontrer l’autre aile dissidente du FLN représentée par Layachi Daâdouaâ, qui fut longtemps chef du groupe parlementaire du FLN.

Pour l’heure, l’équipe d’Amar Saadani n’a pas encore dit son dernier mot. Mais l’actuel secrétaire général du FLN est affaibli depuis qu’il s’est attaqué, en avril dernier, au secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia. Des sources concordantes indiquent que la Présidence de la République a tancé le virevoltant responsable politique. Depuis, l’homme a carrément disparu des radars.

Cet affaiblissement de Saadani ressuscite l’espoir pour tous ceux qui se sont fait exclure depuis le dernier congrès du FLN de retrouver leur poste de militants. Il reste maintenant à savoir si la “fatwa” présidentielle qui a exclu Abdelaziz Belkhadem de toute activité dans les appareils de l’Etat et du FLN est toujours de mise…

Essaïd Wakli