Le général à la retraite Mohamed Betchine rompt, lui aussi, le silence et annonce l’achèvement de la rédaction de ses mémoires dans lesquelles des révélations seront portées au grand public. Ces mémoires interviennent dans un cadre général marqué par une lutte des clans acharnée, déclinée à coups de révélations.      

Mohamed Betchine a décidé de se replier dans le silence après l’épisode de la « guerre » des clans qui a conduit à sa démission en 1998. Celui que la presse a surnommé monsieur «import – import», en allusion à son empire financier, promet de faire des révélations tonitruantes  sur plusieurs aspects de la guerre civile.

L’ex-chef de la DGSP, ancêtre du DRS, et ancien conseiller de Liamine Zeroual, abordera dans ce livre, que certains soupçonnent être commandité par la Présidence, la fâcheuse question de la torture qui a marqué la fin des années 80 et tout le long des années 90. Le général Betchine évoquera dans ce cadre l’épisode répressif d’octobre 88 particulièrement marqué par l’usage de la torture contre les manifestants et les opposants.

L’autre fait majeur qui figurera dans les mémoires de l’ex-chef des services de renseignement n’est autre que les négociations secrètes qu’il a conduites, à l’époque, avec les dirigeants (FIS) pour les convaincre de se désolidariser des Groupes islamiques armés (GIA).

Betchine abordera également les conditions dans lesquelles le président Liamine Zéroual a décidé de jeter l’éponge. Proche de ce dernier, il a révélé lors d’une intervention récente que le président «a été contraint à quitter le pouvoir», une thèse largement répandue qui n’a jamais fait l’objet d’une confirmation de la part d’une personnalité de cette envergure.

Betchine était en effet en très mauvais termes avec plusieurs hauts gradés de l’armée auxquels il disputait des chasses gardées commerciales suscitant ainsi, l’irritation de nombre d’entre eux. Les antagonismes entre les deux parties n’avaient pas qu’un aspect financiers, mais également politique. L’élection présidentielle anticipée de 1999 était l’objet de toutes les discordes. Etant très encombrant pour la hiérarchie militaire, Mohamed Betchine s’est vu éjecté du jeu par l’État-major grâce à une alliance décisive avec le tout puissant chef du DRS de l’époque, le général Mediene.

Les éléments cités précédemment laissent croire que les mémoires du général à la retraite charrient une volonté de vengeance personnelle. D’autres qualifient son témoignage de précieux, tant il peut ouvrir une lucarne pour comprendre un épisode de notre histoire récente.

D’autres encore pensent que ces mémoires entrent dans le cadre de cette guerre médiatique entre clans, dont le champs de bataille est le passé de  notre pays. Ainsi, selon eux, l’initiative de l’ancien chef de la Sécurité militaires serait inspirée par le frère-conseiller du président, Saïd Bouteflika, résultat d’une alliance celée lors d’une récente rencontre entre les deux hommes.

Massi M.