Très longtemps aux avant-postes de la diplomatie européenne, l’ancien ministre des Affaires Etrangères espagnol, Xavier Solana, s’intéresse de très près à l’Algérie. Il a publié, en fin de semaine, une contribution dans « The projetct syndicate » dans laquelle il revient longuement sur la situation en Algérie et fait des projections concernant ses relations avec l’Union européenne.

L’ancien haut représentant européen pour la sécurité se soucie de l’impact de la chute des prix du pétrole sur la stabilité du pays. « Si les difficultés économiques persistent, des protestations, voire une révolte, pourraient ne pas être une perspective si lointaine », écrit le diplomate. L’ancien responsable de la diplomatie espagnole précisera que « pour éviter d’en arriver là, les responsables algériens doivent travailler prestement à la diversification de l’économie », en ajoutant, cependant, qu’ »une action concertée ne sera pourtant pas chose aisée dans l’environnement politique dominant ». Il considère que « les questions de sécurité posées par le voisinage du pays occupent de plus en plus l’attention du gouvernement ».

Cela n’empêche, l’homme préconise que les responsables européens accordent plus d’importance à l’Algérie. « Il est particulièrement important de resserrer les liens avec l’Algérie, puisque les deux parties ont un intérêt mutuel à la stabilité de l’Afrique du Nord voisine et du Sahel, et que l’Algérie a les capacités de contribuer à la sécurité énergétique de l’UE », écrit Solana.

Mieux, le diplomate pense qu’une réouverture des frontières avec le Maroc renforcerait l’influence de l’Algérie en Afrique. « Les bénéfices économiques et commerciaux, mais aussi l’amélioration de la sécurité régionale qu’on est en droit d’attendre d’une coopération renouvelée devraient suffire pour qu’Alger et Rabat acceptent de reconsidérer leur position. Si les deux géants de l’Afrique du Nord parvenaient à reconnaître leurs intérêts mutuels et à tisser de nouveaux liens, ils permettraient que se dénouent les tensions dans le Maghreb. L’influence de l’Algérie en Afrique s’en trouverait aussi renforcée », suggère-t-il.

Essaïd Wakli