Par Nassim Brahimi

Depuis l’annonce de la date de l’élection présidentielle, on connait mieux ce que nos politiques ne sont pas. Une nouvelle cartographie identitaire est, de ce fait, mise à notre disposition afin de mieux choisir, parmi nos non-candidats, notre futur dirigeant.

A ne pas s’y méprendre, dans les faits, ce billet n’est que pure fiction, les différents scrutins en Algérie étant toujours conjugués au passé continu. Mais faisons semblant.

Ainsi, incapables de dire qui ils sont, les postulants à notre gouvernance ne cessent de nous rappeler qui ils ne sont pas.
Étrangement, c’est justement par la négation de soi-même qu’ils arrivent, candidement peut-être, à nous donner des pistes d’identification. Ce n’est pas psychanalytique, c’est algérien.

Le premier à avoir utilisé cette technique de marketing peu commode, c’est Moussa Touati.
Depuis le début, il ne cesse de nous répéter qu’il n’est pas un lièvre mais bel-et-bien un candidat sérieux à la présidence.
Avouez que c’est drôle. Mais bon, c’est on ne peut plus fidèle à la méthodologie nationale qui veut que chaque homme politique assume son statut en le niant.

Louisa Hanoune a, également, opté pour ce mode d’existence en révélant, il y a quelques jours, qu’elle n’est pas une «boycotteuse».
Elle nous rappela, à cette occasion, que le PT n’a pas choisi le boycott depuis décembre 1991 pour «des raisons décisives» et a mené une campagne de boycott «pacifique».

Le parti n’a pas, non plus, participé à la présidentielle de 1995 sans, toutefois, appeler au boycott mais en laissant le «choix» aux citoyens.
Donc, le PT sait quand il faut boycotter et quand il ne le faut pas. Et peut même inventer des concepts novateurs en matière de politique avec des boycotts «pacifiques», c’est-à-dire, ceux qui sont observés par le PT.

Le PT a, aussi, cette formidable aptitude de ne pas participer à une élection, sans toutefois, appeler les autres à faire de même. Par souci de liberté, bien évidemment.

Pour celle de 2009, Louisa Hanoune n’a pas perçu l’existence de raisons décisives pour justifier un boycott. C’est tout à son honneur. Mais ce qui reste, tout de même, intriguant, c’est qu’on sait parfaitement tout ce que le PT n’a pas fait depuis 1991.

Qu’est-ce qu’il a fait alors ?

N.B.