Au secours les gens sont devenus fous. C’est affligeant ce que nous vivons depuis des semaines autour d’un ballon rond, tout ce qu’il y a de plus banal en soi, au fond.
La foule des images et des commentaires sur le match Algérie-Égypte qui tient en haleine deux peuples largués dans l’espace temps sans ancrage, sent mauvais. Elle a l’odeur putride du cadavre caché dans le placard.

On n’invente pas l’eau tiède ni le fil à couper le beurre (et l’agent du beurre des comptes en banque cachés) : depuis César le jeu est l’opium des peuples, l’arbre qui cache la forêt des misères.

Pas de chance, il n’y a qu’une seule place au mondial pour deux présidents en déficit de popularité dans leurs pays respectifs.
Lorsque les résultats sur les terrains politique, économique et social sont médiocres l’enjeu est énorme pour ces gouvernements à la recherche d’alibi.

Ce match Algérie-Égypte est du pain béni. Une soupape de secours pour purger la grogne populaire qui monte. Mais pour combien de temps, et jusqu’où ce machiavélisme peut-il aller, alimenté par des médias intéressés exécutant, comme il se doit, leur rôle d’apologistes de la haine ?

Ce match a déjà foutu en l’air la chimère entretenue de l’union arabe, de la fraternité historique entre les peuples « arabes » et leur l’hypothétique appartenance à la Oumma Islamiya.

Du sang a été versé. On n’est désormais sorti du domaine footballistique, pour entrer dans celui, dangereux, de la manipulation politique. Tous les coups sont permis. L’échiquier est un stade de foot. Les pions sont les supporters. Les rois se retirent dans leurs tours chancelantes et avancent leurs pièces à l’abri des regards.

L’arbitre, la FIFA, s’adapte à la situation. Il laisse jouer. Ses décisions manquent de discernement et sont à l’image de ceux auxquels il a affaire : des tiers-mondistes. Un second round se prépare au Soudan. Les deux pays envoient leurs convois de fantassins pour une énième bataille d’égos.

Et les deux peuples dans tout cela, me diriez vous ? Ils sont les vrais dindons de la farce !

Quand on est à ce point fanatique de foot, on passe souvent à côté de question simple : Gagnant ou perdant qu’est ce que le foot changera dans ma vie ?

Un supporter de l’Algérie