Le jeune milieu de terrain d’origine algérienne Mehdi Lacen a accordé, samedi, un entretien au quotidien sportif espagnol AS. Le quotidien algérien « Le Soir d’Algérie » a traduit le texte.

Pourriez-vous nous expliquer ce qui se passe entre vous et la sélection algérienne ?

J’ai discuté franchement avec le sélectionneur algérien plusieurs fois pendant deux semaines et je lui ai dit la vérité.

Quelle vérité ?

Je lui ai dit que je ne pouvais pas participer à la CAN pour des raisons personnelles et familiales. Ma femme est sur le point d’accoucher et je ne veux pas m’absenter en la laissant toute seule en Espagne pendant un mois. M. Saâdane a très bien compris ma situation et nous en sommes restés là.

Par rapport à la Coupe du monde, est-ce qu’il va vous appeler ou a-t-il l’intention de vous écarter définitivement ?

Je ne sais pas. Il ne m’a rien dit à ce sujet. Il faudra attendre.

Il paraît qu’il y a quelques internationaux algériens qui vous ont critiqué en raison de vos conditions. Cela vous préoccupe ?

Je veux être clair avec tout le monde. Je n’ai jamais posé de conditions. Certains sélectionnés m’ont appelé alors que je ne leur avais rien demandé. Bien sûr que je rêve de jouer une Coupe du monde avec l’Algérie. Oui j’ai entendu parler de ces critiques et ceux qui les expriment sont libres de dire ce qu’ils veulent mais personne n’est à ma place. Bon s’il y a des joueurs qui ne veulent pas que j’aille à la Coupe du monde, je n’irai pas. et je ne demande aucun traitement spécial. S’il y a des gens qui sont contre moi, ils n’ont qu’à ne plus m’appeler et tout sera réglé.

Aujourd’hui, vous êtes sélectionnable, mais quand vous étiez arrivé au Racing, vous en doutiez ?

Oui. Je n’avais même pas un passeport. Cela fait plus ou moins trois semaines que j’en ai un et c’est pour cela que j’ai pu être convoqué pour la CAN.

A part vos raisons personnelles, la situation du Racing a-t-elle également pesé dans votre décision ?

Je vais vous dire la vérité. J’ai discuté avec le coach du Racing (Miguel Angel Portugal, Ndlr) et il m’a répondu que c’était une décision personnelle. Il ne pouvait pas me dire d’aller ou de ne pas aller à la CAN. Alors je lui ai avoué que je ne savais pas trop quoi faire. Il m’a répondu qu’il me soutiendrait quelle que soit ma décision. Je dois reconnaître que le Racing a plusieurs rencontres décisives au cours du mois de janvier et cela a effectivement également pesé dans ma décision finale.

Et les critiques de certains internationaux algériens ont-elles influé sur votre décision ?

Non, pas du tout. Mais j’ai entendu des choses et j’ai lu les journaux algériens. Il faut savoir qu’en Algérie, la presse est différente de la presse espagnole. Par exemple, on m’a fait parvenir des entretiens que j’aurai accordés à des revues algériennes alors que je n’ai parlé à personne. Il faut faire preuve de raison. Je comprends qu’il y ait des gens contre moi.

Mais il y a des internationaux algériens qui vous soutiennent ?

Oui, et j’ai lu des interviews à ce sujet. Finalement ce que je vais essayer de faire, c’est de discuter avec les cadres de l’équipe nationale pour savoir ce qu’ils pensent et pour qu’on s’explique en tout franchise.

Propos traduits de l’espagnol par H.B./ Le Soir d’Algérie