Depuis que de violentes émeutes ont éclaté dans la nuit de mardi 20 juillet dans le quartier populaire de Bab-el-Oued, à Alger, chaque jour (d’émeute) apporte avec lui son lot de secrets. Habitants, riverains, habitués ou simples passagers de ce quartier populaire et populeux n’en finissent pas de livrer de nouveaux éléments. Les langues se délient et de nouvelles hypothès font chaque jour leur apparition dans un scenario aux impressions de déjà vu.

Ainsi, et après une première version (logique), relayée par toutes la presse, et selon laquelle les habitants des bidonville de la « Carrière Jobert » et de « Climat de France » auraient refusé leurs relogements dans les communes de Bentalha et de Birtouta, jugés trop éloignés d’Alger (les nouvelles habitations se trouvent dans des banlieues jugées déshéritées et lointaines), voilà que d’autres versions viennent se greffer à la genèse des échauffourées qui selon certains témoins auraient déjà fait des blessés.

Flashback :

Décidées à éradiquer définitivement les bidonvilles qui se sont multipliés à la périphérie de la capitale depuis l’indépendance, les autorités ont entamé depuis quelques années un vaste recensement de ces habitations de fortune et de leur occupants. D’années en année, il ne se passe pas un mois ou des campagnes de relogement ne sont pas entreprises.

Si les opérations se passent dans leur globalité plus au moins dans le calme, n’empêche des litiges apparaissent dans la quasi totalités de ces campagnes de relogements. La première raison du mécontentement des nouveaux servis est l’éloignement des nouvelles habitations.

En ce mois de Juillet et après le relogement réussi du Ghetto de Diar Echems, c’est autour de la carrière Jobert et de Climat de France de bénéficier de leur lot de noueaux logements. Ces deux bidonvilles ont une particularité. Non seulement ils se trouvent au cœur de la capitale dans le quartier le plus populaire d’Alger, Beb El Oued, mais sont également très anciens et menaçant ruine.

De nouveaux venus réclament leur relogement

Si la version officielle, relayée par la presse, fait état de la colère des occupants de ces bidonvilles en raison l’éloignement de leurs nouvelles habitations, ce sont en réalité les occupants des bidonvilles de la Carrière Jobert » et de « Climat de France » qui sont concernés par ce litige.

Pourtant, les autorités les avaient averti au préalable au moment des recensements. En effet, il a été établi qu’aucun nouveau baraquement, construit après le recensement, ne sera inclus dans le programme de relogement. Un avertissement qui n’a apparemment pas trouvé d’échos chez certains.

Non seulement de nouveaux baraquements ont vu le jour selon certains riverains, mais pire, la nouvelle d’un imminent relogement a vu la naissance d’un marché du baraquement. Des propriétaires auraient vendu ou cédé leur logements de fortune juste après le recensement.

« On m’a proposé jusqu’à 300.000 DA raconte un chauffeur clandestin habitant les environs ». Si lui n’a pas fait l’erreur de se lancer dans cette transaction aventureuse, d’autre se sont en revanche laissés séduire par l’offre, en gardant toutefois l’espoir de se voir quand même livrer un nouvel appartement.

Un logement pour deux propriétaires

Le temps venu du relogement, les témoins expliquent que ce sont les premiers propriétaires ayant participé au recensement qui ont fini par bénéficier de logements. Les autres n’étant pas sur les tablettes des autorités compétentes, sont restés sur le carreau. A la rue, se sont pour la plupart ces néo-propriétaires qui sont selon toute vraisemblance à l’ origine des émeutes.

Relogement : une entreprise familiale

Selon certains observateurs, les émeutes sont également une conséquence des « caprices » des habitants des bidonvilles eux même. En effet, selon les riverains, des familles qui habitent les bidonvilles n’ont pas hésité à exhorter leurs proches et amis à occuper dans baraquements vides ou à s’entasser dans d’autres déjà occupés, dans l’espoir de finir dans un apprtemaent neuf.

Le lendemain, c’est le désenchantement total : ce petit calcul s’est soldé par rien. Le nombre de prétendants est plus important que le nombre de logements disponibles.

Kha-Louna