Messieurs les kaïds au pouvoir, sachez que je ne suis pas un estomac ambulant, je suis une révolte en mouvement. Gardez votre pain du mépris, je veux ma liberté d’algérien.

Si mes grands pères, mes parents, mes frères et mes sœurs sont morts pour ce pays, ce n’est par pour qu’aujourd’hui je me retrouve à nouveau privé de mon droit de profiter de la terre qui m’a vu naître.

Les promesses n’ont jamais fait une Nation; ni les titres des grands hommes. Or, c’est tout ce que vous savez faire Messieurs: des promesses et des nominations.

Quand moi je proteste, je me fais battre; quand d’autres collaborent, ils se voient promus, élus et récompensés par l’argent du peuple.

Ma faim est semblable à celle des vaillants patriotes de jadis; elle me pousse à me révolter contre l’oppresseur, elle ne me fait pas courber l’échine pour recevoir son aumône.

Alors gardez votre pain messieurs, c’est votre départ que je veux.

H. B