Des millions d’Egyptiens ont fêté dans la nuit de vendredi à samedi la démission d’Hosni Moubarak, tout en espérant que l’armée respecterait leur volonté de changement. Les éventuels fonds que Moubarak et ses proches pourraient détenir en Suisse ont été bloqués.

Pendant toute la nuit, les Egyptiens ont dansé, ri, chanté dans l’espoir d’assister à l’avènement d’une nouvelle ère. L’euphorie n’a pas seulement envahi la place Tahrir, coeur de la contestation au régime d’Hosni Moubarak dans le centre du Caire. Elle semble avoir gagné tout le pays, d’Alexandrie à Suez, où une nation entière paraît être descendue dans les rues.

Des feux d’artifice ont été tirés. Des concerts de klaxons ont été lancés au milieu des drapeaux aux couleurs nationales, noir, blanc et rouge. Les gens ont brandi leurs enfants au-dessus de leurs têtes. Certains se sont pris en photo avec des militaires souriants sur leurs blindés.

Au terme de 18 jours de bras de fer, Hosni Moubarak a finalement admis sa défaite vendredi. A 82 ans, l’ancien homme fort, qui s’apprêtait encore il y a quelques semaines à préparer une transition dynastique, s’est réfugié à Charm el Cheikh, station balnéaire de la mer Rouge.

L’armée a pris directement les rênes du pays via un conseil militaire, qui n’a guère donné de détails sur la « phase de transition » qui vient de s’ouvrir, ni sur le calendrier électoral. Ce Conseil suprême des forces armées, dirigé par le ministre de la Défense Mohamed Hussein Tantaoui, a promis de « réaliser les espoirs de notre grand peuple ».

Le vice-président égyptien Omar Souleimane a cependant demandé au Premier ministre Ahmed Chafik de désigner un vice-Premier ministre chargé de réfléchir à la transition politique. Issu du « comité des sages », il supervisera le « dialogue national » entre le pouvoir, l’opposition et des personnalités indépendantes.

A Washington, le président américain Barack Obama a jugé que « le peuple égyptien a parlé ». « Les Egyptiens ont clairement indiqué qu’ils n’accepteraient rien d’autre qu’une authentique démocratie », a-t-il dit, ajoutant que l’Egypte ne serait plus jamais la même.

A Berne, le Conseil fédéral a décidé peu après la chute de Moubarak de bloquer avec effet immédiat les éventuels fonds que le dictateur et son entourage pourraient détenir en Suisse. Il entend ainsi éviter tout risque de détournement d’avoirs appartenant à l’Etat égyptien.

(romandie.com)
* Le titre est de la rédaction