Du 31 mars au 5 avril, une délégation d’évaluation pré-électorale a été envoyée par le National Democratic Institute (NDI), dans le cadre d’une mission internationale d’observation des élections parlementaires du 10 mai prochain, en Algérie.

L’objectif de cette délégation est d’exprimer le soutien de la communauté internationale pour la gouvernance démocratique. Cette délégation comprend Carole James, membre de l’assemblée législative de la Colombie – Britannique (Canada) ; Irena Hadziabdić, présidente de l’Association européenne des administrateurs des élections (Bosnie-Herzégovine) ; Anis Ghodbane, vice-président des communications pour l’Association Tunisienne pour l’Eveil Démocratique (Tunisie), Sarah Johnson, directeur adjoint du programme démocratie au Centre Carter (États-Unis), et Jeffrey England, directeur résident du NDI au Maroc (États-Unis).

Cette observation électorale sera effectuée par sept personnes qui observeront la période pré-électorale, la campagne électorale et la période post électorale. Sans toutefois s’immiscer dans le processus électoral. Cette évaluation a été menée en conformité avec la législation algérienne et selon les normes internationales d’observation.

Le 10 mai prochain, les algériens devront élire une nouvelle chambre basse du parlement. Selon le président Bouteflika, ce nouveau parlement va jouer un rôle important pour façonner un processus de réformes constitutionnelles. Le gouvernement a pris conscience des attentes des algériens, seulement ces derniers restent sceptiques fassent au changement promis. Néanmoins, les électeurs auront le choix entre quarante quatre partis dont vingt agréés en début d’année.

En janvier dernier, une nouvelle loi a été instituée, celle-ci exige que le dépouillement des voix se fasse publiquement, aussi le résultat devra être affiché dans les bureaux de vote et remis aux représentants des candidats. Mais les révisions apportées à la loi électorale n’ont pas changé le système électoral. Les acteurs rencontrés par la délégation ont expliqué qu’ils s’attendaient à des préparatifs sain et professionnels. Toutefois, beaucoup de doutes persistent sur la neutralité de l’administration électorale. D’autres doutent de l’indépendance des présidents des bureaux de vote et des magistrats, qui sont peu nombreux face au 45 000 bureaux de votes.

Quant au fichier électoral, il préoccupe les partis politiques et les associations car il y a eu une augmentation de quatre millions de personnes par rapport à 2009, sans aucune explication possible. Des militaires sont inscrits dans leur ville d’origine et dans leur ville d’affectation, d’autres n’ont toujours pas reçu leur fichier électoral à cinq semaines des élections.

Le peuple algérien va pouvoir s’apercevoir s’il y a une réelle volonté de pluralisme politique, et si leur pays va réellement soutenir ses promesses d’avril 2011 sur les réformes constitutionnelles et les reformes radicales. Dans le cadre d’élection transparente et compétitive, Bouteflika a reconnu de nouveaux partis politiques, et il a invité des observateurs internationaux.

Seulement, ces prochaines élections vont être un test sur la confiance qu’à l’électorat par rapport à ces mesures. Puisque les électeurs sont connus pour leurs abstentionnismes ; rappelons qu’en 2007 il y avait eu un taux de 35,6% de participation. Restant sceptiques face aux urnes, et au changement politique possible, on s’attend à un faible taux de participation. Qui resteront surement faible étant donné le doute qui persiste quant à la transparence et la crédibilité du processus électoral lui-même.

 S. Viniger