Entamée le 17 février, l’insurrection libyenne a sans doute suscité le plus de couverture médiatique. Soutenue par l’OTAN via la résolution 1973 de l’ONU, les rebelles libyens ont lancé une insurrection de dix mois à l’encontre du « Guide », Mouammar Kadhafi. Créé au mois de mars 2011, le Conseil national de transition (CNT) formé par l’ancien ministre de la justice Mustapha Abdeljalil, mène tant bien que mal l’insurrection, et réussit le 23 août, à prendre la capitale libyenne, Tripoli.

Le 20 octobre, le « Guide suprême », Mouammar Kadhafi » est arrêté suite à une traque de deux mois, puis exécuté dans des circonstances troubles et encore imprécises. Les images de son cadavre baignant dans une mare de sang font alors le tour du monde. Dans la famille du dictateur, trois de ses fils, Moatassim, Khamis, Seif-el-Arab, sont tués, l’épouse et trois autres enfants du « Guide » se réfugient en Algérie.

Néanmoins, la situation libyenne reste instable. Tandis que des factions rebelles s’opposent toujours, les tribus et milices libyennes de l’est du pays, la Cyrénaïque, ont proclamé leur indépendance le 6 mars 2012. Face aux risques d’éclatement du pays, le gouvernement transitoire peine à  rassembler toutes les factions et combattants libyens sous une même armée nationale. Des élections sont prévues pour le mois de juin 2012, afin d’y élire une Assemblée constituante, avec pour base législative la Charia, mais aussi 10% de sièges à l’Assemblée assurés aux femmes.

Parmi les leaders politiques, on note la présence de fondamentalistes religieux comme Abdelhakim Belhdadj, ancien activiste du Groupe islamique combattant libyen (GICL), capturé par la CIA et le M16 en 2004 puis remis à Kadhafi.

Sur le plan économique, les investissements directs étrangers, interrompus pendant l’insurrection, devraient reprendre leur cours tout comme la croissance du PIB (estimée à deux chiffres par le FMI). La Libye ayant besoin de liquidités, 15 milliards d’avoirs gelés ont été également débloqués afin de relancer l’économie du pays, qui reposait à 95% sur la manne pétrolière, sous Kadhafi.

Ania Kaci Ouldlamara

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