Alors que le Liban enterre aujourd’hui son chef des renseignements de la sécurité, Wissam Al-Hassan, mort dans l’attentat du 19 octobre, beaucoup redoutent un débordement du conflit syrien et l’émergence de nouvelles violences intercommunautaires.

Une enquête doit être ouverte pour retrouver les auteurs de l’attaque qui a fait 8 morts et 86 blessés. Bien qu’il soit encore trop tôt pour émettre des accusations, certains interprètent cet attentat comme un avertissement de Damas à l’encontre de ceux qui cherchent à soutenir la rébellion syrienne. Al-Hassan était connu comme étant l’allié de l’opposant au régime baasiste Saad Hariri et à l’origine de l’arrestation du ministre libanais Michel Samaha, soupçonné d’être mêlé à un projet d’attentat supervisé par les syriens.

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Officiellement, le gouvernement libanais a toujours voulu se maintenir à l’écart du conflit voisin, sauf pour gérer la crise humanitaire des réfugiés. Le Hezbollah, principale force de la coalition majoritaire au Parlement, a toutefois pris position pour son allié Bachar Al-Assad. L’opposition libanaise menée par Saad Hariri soutient quant à elle la rébellion syrienne. Le pays est donc divisé sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la Syrie et au lendemain de cette violente attaque, on peut se demander si le risque de contamination du conflit n’est pas réel.

Suite à cet attentat, le premier ministre Najib Mikati a proposé sa démission au président Michel Sleimane, qui a toutefois préféré que son chef de gouvernement conserve sa place et ce, afin d’éviter toute instabilité politique dans les jours qui suivent. L’opposition continue cependant de réclamer la dissolution de l’actuel gouvernement. Des tensions sont apparues à travers le pays, notamment dans le nord à Tripoli où l’on dénombre 4 morts à la suite d’affrontements entre opposants et supporters du régime syrien.

Le général Michel Aoun, leader du Courant patriotique libre et allié du Hezbollah, a mis en garde contre une instrumentalisation de l’évènement  qui favoriserait selon lui un regain de violence: « Il ne faut pas transformer la mort du général Hassan en un évènement politique ». Il a également dénoncé les coupures de routes et les actes de violences survenues en réaction à l’assassinat d’Al-Hassan.

Cet attentat met en lumière les failles de la sécurité libanaise et reflète sa division, plus profonde que celle de l’armée qui reste une entité encore relativement soudée. Il faut espérer qu’un consensus politique sera trouvé afin de préserver la cohésion nationale et d’éviter une contamination régionale du conflit syrien.

LS