Quels seraient les déclics pour engager l’Algérie sur la voie de la prospérité ? Zoubir Benhamouche, économiste et écrivain, nous propose une fiction dans laquelle il avance quelques idées, qui prennent à contre pied notre conception d’un changement qui demanderait des transformations titanesques dès le départ…  « L’Algérie, l’an II » : fiction d’une nouvelle ère, à portée de main ?

Nous sommes très nombreux à avoir éprouvé une joie immense et une très grande fierté lorsque plusieurs hommes politiques et chefs d’entreprise algériens ont été invités à s’exprimer au dernier forum de Davos. Les Algériens étaient les stars de l’événement, tout le monde voulait approcher ces hommes et ces femmes qui avaient su transformer en si peu de temps l’Algérie en lion de la Méditerranée.

L’expérience algérienne en matière de développement économique et social fait l’objet de nombreux articles dans la presse spécialisée, et certaines des universités les plus réputées dans le monde en on fait des cas d’étude. La prestigieuse Harvard Kennedy School of Government par exemple a créé un track spécial « Turning the ressource curse in a ressource boost » en prenant spécifiquement le cas de l’Algérie. L’exemple algérien ne peut pas réellement être qualifié de cas d’école, car l’Algérie n’a suivi aucune recette prédéfinie, aucun des nombreux modèles de développement qui s’avèrent très spécifiques aux pays qui les ont « inventés ». Les algériens ont réinventé leur société, ils ont su faire preuve d’une sérendipité surprenante.

Si l’Algérie suscite tant d’intérêt et de débats, c’est parce que personne, pas même les algériens eux mêmes, ne s’attendait à une telle inversion de trajectoire. Alors que tous les espoirs s’étaient transformés, au fil des années de déceptions, en un désespoir abyssal, un sursaut national a signifié l’aube d’une nouvelle ère.

En l’espace de 7 ans, l’Algérie a connu des transformations remarquables. Le bilan dont se targue le pays fait pâlir d’envie certains pays émergents qui apparaissaient comme les champions du développement. Le taux de croissance annuel a atteint 10% en l’espace de 5 ans. Le taux de chômage des jeunes  est tombé à moins de 12%, alors qu’il frisait les 30%. Les exportations hors hydrocarbures, qui représentaient 97% des exportations ont chuté à moins de 75% en 7 ans. Les IDE se bousculent aux portes du pays, leur montant ayant été multiplié par 5 en l’espace de 5 ans. La diaspora est rentrée massivement, apportant avec elle les compétences nécessaires et des capitaux qui ont pu être rapidement transformés en opportunités d’investissement.

Au delà de ces performances économiques, ce qui témoigne le plus du « renouveau algérien », tel qu’on le qualifie dans les médias nationaux mais aussi internationaux, c’est le sourire qui illumine enfin les visages naguères tristes des algériens, surtout des plus jeunes. C’est que l’Algérie est un pays où il fait de plus en plus bon vivre. La ville d’Alger par exemple, qui était classée parmi les villes où il fait le moins bon vivre dans le monde (derrière Bagdad !), est en train de se donner un nouveau visage. Partout on voit fleurir des petits restaurants pittoresques, des espaces verts, des espaces pour les artistes, des théâtres, des cinémas etc. La circulation est devenue moins problématique, notamment du fait de la décentralisation administrative. La rénovation de la Casbah est en voie d’être achevée, et déjà des touristes viennent du monde entier la visiter, se perdre dans ses ruelles et être transportés dans la riche histoire que murmurent les mûrs des maisons aux badauds envoûtés. Oui, aujourd’hui la peur et les préjugés ont quitté tous les esprits, on vient du monde entier, le pas léger, pour découvrir l’Algérie, sa culture, son patrimoine et son histoire. On a même vu des touristes reprendre l’avion les larmes aux yeux, se promettant de revenir bientôt…

L’Algérie, l’an II : l’aube d’une nouvelle ère partie 2 à suivre…