La cour d'Alger / DR

Aussi incroyable qu’inimaginable, des voleurs de nuit se sont engouffrés dans les bureaux de la Cour d’Alger. Ils ont « visité » plusieurs étages et se sont permis de prendre avec eux des documents et des unités centrales de micro-ordinateurs. Tout cela s’es passé dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.

L’information aurait pu être un « joli » fait divers insolite si cela ne concernait pas l’une des institutions les plus sensibles du pays. Mais il se trouve que, contre toute attente ou logique, c’est la Cour d’Alger, d’habitude ultra-surveillée, qui est visée. Pis encore, selon les premiers témoignages, il n’y a ni effraction, ni violence ni autre chose. Les « voleurs », au nombre de 6 selon plusieurs sources concordantes, parmi lesquelles des voisins habitant dans les alentours de la Cour d’ALGER, se sont permis de « détruire » une base de données, donc le serveur de la plus importante institution judiciaire à Alger. D’autres témoignages affirment que les « visiteurs » se sont emparés de micro-ordinateurs et autres objets importants, notamment des documents classés confidentiels.

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Plus grave que tout, d’après le quotidien arabophone El-Khabar qui cite dimanche une source judiciaire,  les écrans des vidéos de surveillances « fonctionnaient à minima » au moment des faits. On apprend encore que les agents de sécurité de la Cour d’Alger n’ont prévu aucune «permanence de nuit» pour  veiller sur les vidéosurveillances. Enfin, une chose est certaine : il ne peut y avoir intrusion dans le siège d’une telle institution sans qu’il n’y ait de complicités à l’intérieur du corps de sécurité chargée d’assurer la protection de cet édifice stratégique.

L’affaire intervient, en plus, dans un contexte marqué par des révélations sur des affaires de corruption impliquant de plus en plus de gros bonnets. Y-t-il un lien entre ce cambriolage rocambolesque et les investigations en cours concernant les affaires de corruption ? « L’Enquête » du parquet le dira peut-être un jour.

Essaïd Wakli