A trop vouloir miser sur la richesse de ses ressources naturelles, l’Algérie pourrait faire les frais d’une économie trop peu diversifiée. Un cabinet international d’intelligence économique met en garde le pays, dans sa dernière publication.

Richement dotée en ressources naturelles, l’Algérie enregistre un taux de croissance élevé à faire pâlir de jalousie bien des pays de la rive nord de la Méditerranée. Selon les prévisions de la Banque mondiale, il atteindra 3,4% de son PIB cette année et s’établira à 3,8% en 2014 et 4,3% en 2015. Et sa balance commerciale est excédentaire, de l’ordre de 26 milliards de dollars en 2012.

Mais le pays n’est pas pour autant à l’abri de chocs extérieurs, voire d’un renversement de tendance. D’après le cabinet international Oxford Business Group (OBG), l’Algérie « continue de se heurter à certaines difficultés préoccupantes comme la forte dépendance à l’égard des hydrocarbures, risquée, dans la mesure où les chocs internes et externes peuvent potentiellement ébranler l’économie ». Les hydrocarbures comptent effectivement pour 97 % des exportations totales algériennes, une tendance à la hausse, souligne le cabinet britannique.

8,9% d’inflation

Autre point faible mis en exergue par OBG : la domination du secteur publique sur l’économie algérienne. Malgré certaines mesures de la loi de finances pour 2013, le secteur privé « reste dérisoire par rapport au rôle dominant joué par les grandes entreprises publiques algériennes, représentant environ 51,8% du PIB en 2012, contre 48,5% en 2010 », peut-on lire dans le dernier rapport d’OBG, intitulé « Algérie : une main de fer ». Néanmoins, « si les mesures prévues dans la loi de finances pour 2013 sont mises en place avec succès, elles devraient permettre de diversifier non seulement l’économie, mais aussi les exportations ; deux facteurs essentiels au maintien de la croissance algérienne », ajoute le rapport d’OBG.

Si au niveau macroéconomique, la plupart des voyants sont au vert, la situation est en revanche plus « préoccupante » sur le plan microéconomique. Chiffré à 8,9% fin 2012, soit une augmentation de 12,2% par rapport à 2011, le taux d’inflation pèse de plus en plus sur les ménages algériens. Une inflation engendrée principalement par « l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des boissons, mais aussi par le chômage et le rôle important de l’État dans l’économie nationale », précise l’analyse d’OBG. Jusqu’à quand l’Algérie pourra maintenir ce déséquilibre flagrant entre une économie riche et solide, d’un côté, et, de l’autre, des rangées de plus en plus importantes de personnes pauvres et de sans-emplois ?

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