Demandeur de la démocratie en 2014, Ahmed Taleb-Ibrahimi est nostalgique de l’ère Boumédiène. L’ancien ministre des Affaires Etrangères de Houari Boumédiène a redit sa flamme à l’ancien dictateur.

Dans une interview accordée au journal Echorouk, Ahmed Taleb-Ibrahimi, connu pour être un « grand opposant » à Abdelaziz Bouteflika à qu’il reproche un manque de démocratie, a redit son admiration de l’ancien chef de l’Etat, mort en 1978. Ahmed-Taleb Ibrahimi, qui passe vite du statut de l’opposant au régime de Ahmed Benbella qui l’avait emprisonné et torturé, à celui de ministre sous Boumédiène, tente de justifier le manque de libertés individuelles. « Le président Boumédiène donnait la priorité à la justice sociale au détriment des libertés individuelles. Mais c’était sans doute une étape », a-t-il dit.

Ce n’est pas la première fois que Ahmed Taleb-Ibrahimi tente de justifier le comportement totalitaire de Houari Boumédiène. Dans le Tome II de son livre « mémoire d’un Algérien », il a tenté de défendre les méfais de l’ancien dictateur. Même lors que des amis lui reprochent de se taire devant les assassinats politiques perpétrés sous le régime de Boumédiène, le fils de Bachir El-Ibrahimi, explique qu’il « n’était pas certain » de ces faits. Pis encore, il raconte qu’il n’a jamais entendu parler de cela de la part de son mentor.

A chaque fois que les questions des libertés démocratiques sous le régime de Boumédiène se posent, ses nombreux défenseurs évoquent les « réalisations sociales ». Tout le monde essaie de faire aux Algériens que l’ancien Colonel n’avait pas le temps de réaliser. Ces politiques se plaisent même à maquiller une réalité faite de brimades, d’emprisonnements et même d’assassinat d’opposants. C’est sous le régime de Boumédiène que Mohamed Khider, Krim Belkacem et d’autres anonymes avaient été tués. D’autres ont été faits prisonniers pour leurs opinions. Même sur le plan économique, les rares économistes téméraires attestent que lorsque Boumédiène était mort, la dette extérieure du pays était de 12,9 milliards de dollars alors que notre pays avait des revenus estimés à peine à 28 milliards de dollars.

Essaïd Wakli