Les habitants de Djanet, dans la wilaya d’Illizi, à l’extrême sud-est d’Algérie, manifestent contre l’opération militaire menée par l’armée nationale populaire (ANP) sur les monts de Tassili, visant de présumés terroristes.

Que se passe-t-il à Djanet, principale ville du sud-Est de l’Algérie, située à plus de 2.300 km d’Alger ? Le quotidien francophone « El Watan », dans son édition de vendredi, a rapporté que le 2 février dernier, des dizaines de citoyens de cette région se sont rassemblés pour réclamer la fin des bombardements de l’Armée nationale populaire (ANP), effectués sur les monts du Tassili. Des opérations lancées contre un mouvement peu connu du grand monde appelé le « Mouvement des enfants du Sud pour la justice (MESJ) ». Ces citoyens demandent dans la foulée que les autorités engagent un dialogue avec le leader de ce mouvement armée, Abdessalam Tarmoune.

Des solutions pacifiques

Sur place, on ne comprend pas la stratégie de l’ANP. Les locaux estiment effectivement que l’action militaire menée sur les monts du Tassili est en contradiction avec les engagements des autorités locales, qui se sont dites œuvrer pour une solution pacifique. Soit la reddition de Tarmoune et de ses hommes. Pour les habitants, pris entre deux feux, ces bombardements, conjugués à l’absence de perspective, sur le plan économico-sociales, notamment, pour les jeunes, ne font que renforcer les rangs des insurgés.

Quel lien avec Aqmi ?

Crée en 2004 par et un certain Bencheneb, qui est apparemment impliqué dans plusieurs attentats dans le Sud du pays, le MESJ réclame plus de droits pour les gens du Sud du pays. Il est vrai que ces derniers se voient souvent lésés alors que la principale ressource du pays se trouvent pourtant sous leurs pieds. Selon des sources concordantes, Tarmoune n’a encore jamais accepté de se « battre » sous la bannière d’Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), alors qu’il a été à maintes fois sollicité par les responsables de cette organisation djihadiste, qui a prêté allégeance à Al Qaida. Néanmoins, selon certaines informations, un rapprochement entre Aqmi et le mouvement de Tarmoune a bel et bien eu lieu récemment.

Qui est Tarmoune, leader du MESJ ?

Le chef de file du MESJ, Abdessalam Tarmoune est un homme discret. Peu d’informations circulent à son sujet. On connait toutefois son passé « islamiste ». Il a également tenté d’entrée en politique par des moyens légaux. Selon des autorités locales, en 2012, la wilaya d’Illizi avait cependant refusé sa candidature pour les élections législatives sous les couleurs du parti de Abdallah Djaballah. Depuis, les rangs du MESJ grossissent et Tarmoune recrutent dans cette région isolée. Le journal « Echourouk » avait rapporté au mois de juin dernier que 50 personnes ont disparues dans la wilaya d’Illizi, suspectées d’avoir rejoint les rangs de Tarmoune. Une menace pour la stabilité de la région du Sahara à prendre au sérieux donc.

Elyas Nour