A Oran, on s’acharne toujours contre le caricaturiste Djamel Ghanem. Après avoir été passé à tabac par 4 individus capuchonnés et non identifiés jeudi dernier, Djamel Ghanem a été, une nouvelle fois, agressé et menacé. Et cette fois-ci, cela se passe au sein même d’un commissariat. 

Dimanche après-midi, Djamel Ghanem se présente au commissariat de Police du 16e pour enregistrer enfin sa plainte contre ses agresseurs qui l’ont roué de coups jeudi dernier. Mais au bout d’un quart d’heure, un autre individu se pointe devant lui sous les yeux des policiers. Cette personne, un photographe de profession, travaille à la Voix d’Oranie, le quotidien régional qui poursuit en justice Djamel Ghanem, pour abus de confiance et, surtout, “outrage au Président de la République” en raison d’un dessin non publié jugé insultant à l’égard du Président Bouteflika. L’homme en question, en dépit de la présence des policiers, n’a pas hésité à inonder Djamel Ghanem d’insultes et d’insanités. Des propos blessants proférés au vu et au su des policiers présents dans le bureau du commissariat où Djamel Ghanem s’était rendu pour finaler l’enregistrement de sa plainte refusée jeudi dernier par ces mêmes policiers.

Le caricaturiste accablé par les paroles injurieuses et les menaces dangereuses portées à son encontre par cet individu a gardé son calme et maitrisé son émotion pour ne pas tomber dans le piège de la provocation. Il demande sur le champ l’intervention des policiers qui n’ont pas voulu réagir. Il réclame ensuite le droit de porter plainte pour injures et menaces verbales. Et là encore les policiers ont refusé de lui accorder ce droit. “Ils m’ont dit que tu as déjà déposé trop de plaintes ! J’étais choqué par leur attitude. Au coeur d’un commissariat de police, un individu me menace et m’agresse verbalement sans que cela n’émeuve les policiers. Fort heureusement, après avoir entendu tout ce chahut, le commissaire est descendu du premier étage du pour chasser cet individu”, nous confie le jeune caricaturiste joint par téléphone.

“Je me pose une seule question : comment cet individu qui n’est nullement un policier a pu se pointer dans un commissariat aussi facilement pour m’insulter et me menacer ? Comment est-ce possible qu’il soit au courant de ma présence après uniquement 15 minutes de mon arrrivée au commissariat ?”, s’interroge encore notre interlocuteur qui sent la pression exercée contre lui monter crescendo en prévision du verdict de son procès qui sera prononcé le 4 mars prochain à Oran. Des pressions et des intimidations qui en disent long sur le risque qu’encourt ce caricaturiste devenu “persona non grata” dans sa ville natale.