Soufiane Djilali, président de Jill Jadid, interndit d'accès au Monument du Martyr. Alger le 12 mars 2014. Photo Djamila Ould Khettab

Lu sur L’Expression

La tâche des partisans du boycott ne sera pas facile pour plusieurs raisons. La mobilisation est, pour eux, un défi et une réponse aux affirmations du pouvoir.

Après avoir arraché l’autorisation de tenir un meeting à la salle Harcha-Hacène d’Alger, la coordination des partis et des personnalités politiques pour le boycott de l’élection présidentielle du 17 avril prochain se trouve désormais face au défi de la mobilisation.
Vont-ils faire une démonstration de force ou plutôt peineront-ils à remplir cette salle qui contient plusieurs milliers de places? La tâche ne sera pas facile pour plusieurs raisons, dont la première est que les rassemblements organisés depuis quelques années par les partis de l’opposition n’ont pas drainé les foules des grands jours. L’autre raison de la difficulté de la mission ne réside pas dans le fait que les citoyens sont contre le boycott de l’élection. Elle réside plutôt dans le fait que les citoyens qui s’opposent d’une manière spontanée aux consultations électorales (les taux de participations aux consultations électorales ne dépassent que rarement les 50%) et aux choix du pouvoir, ne répondent plus aux appels des partis politiques.
A cela, il faut ajouter que la «masse mobilisable» à Alger, les étudiants en l’occurrence, seront en congé de printemps à partir d’aujourd’hui. Pourtant, le RCD, le MSP, Ennahda, le FJD, Jil Jadid qui font partie de cette organisation auront à démontrer et à démentir les affirmations des hommes politiques du pouvoir qui, à chaque fois, pour stigmatiser l’opposition, font sortir l’argument de son incapacité de mobilisation. Un véritable défi. Surtout lorsque ce meeting intervient au lendemain de l’empêchement d’un rassemblement des dirigeants de ces partis et de quelques personnalités qui devait se tenir au Monument du martyr. Mais cette autorisation confirme d’abord une chose: le pouvoir, gagné par la panique, a enfin cédé un peu de son diktat devant quelques exigences de l’opposition. Après avoir toléré le dernier rassemblement du mouvement Barakat contre le 4e mandat de Bouteflika, il a accordé l’autorisation aux partisans de boycott d’animer leur campagne. Les responsables qui affirment qu’ils respectent la démocratie, appelant les opposants à manifester pacifiquement et dans un cadre légal, sont de ce fait mis devant le fait accompli. Peuvent-ils en effet dire des choses et faire le contraire éternellement? Peuvent-ils continuer à dire que le peuple nous amène à réprimer systématiquement toute manifestation de caractère politique? Cependant des questions restent à poser sur ce «comportement» au moment où un meeting de la même coordination n’a pas été autorisé, selon les sources du quotidien El Watan dans son édition d’hier, à Annaba.

Lire la suite sur L’Expression