La situation ne cesse de dégénérer à Ghardaïa. De nouveaux affrontements ont éclaté vendredi après-midi et se poursuivent encore ce samedi matin dans plusieurs quartiers à Ghardaïa et Berriane, une localité située à 40 Km de la ville de Ghardaïa. Pour l’heure, on déplore un mort, un jeune de 23 ans, Bennacer Nacer, qui a été tué vendredi soir à Berriane, confirme Salah Debouz, de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (Laddh).

D’après notre interlocuteur, des informations lui ont été parvenues indiquant qu’une deuxième personne est morte aussi dans ces affrontements communautaires dans la région de Ghardaïa. Mais pour l’heure, la LADDH refuse de confirmer officiellement cette information et poursuit ses vérifications. Sur le terrain, à Ghardaïa, samedi matin, des affrontements se poursuivent dans au moins 3 quartiers différents à l’instar de Mermed où plusieurs groupes de jeunes s’affrontent à coup de pierres et d’armes blanches. La même situation prévaut aussi à Berriane qui a replongé dans la tension depuis vendredi. Dans cette situation, plusieurs notables de la région de Ghardaïa craignent le pire à moins d’une semaine de l’élection présidentielle. « Dans les conditions actuelles, il est devenu impossible d’organiser l’élection présidentielle à Ghardaïa. Les gens sont terrassés par ce sentiment d’insécurité. Ils sont tous plus préoccupés par la surveillance de leurs quartiers que par le vote. L’ouverture des bureaux de vote risque même d’alimenter davantage ces violences », prévient pour sa part le Docteur Khenine Mustapha,  membre du conseil des sages de la communauté Malékite.

Notre interlocuteur s’attend à un boycott sans précédent. Pis encore, il considère la tenue de cette élection à Ghardaïa comme dangereuse pour la population locale « Les autorités sont-elles capables de garantir la sécurité à ceux et celles qui veulent aller voter ? Nous le voyons bien : mis à part le centre de la ville devant la wilaya, aucun autre endroit n’est réellement sécurisé à Ghardaïa », signe et persiste ce notable de la région. Celui-ci ne cache pas ses appréhensions face aux éventuelles dérives sécuritaires qui risquent de survenir le 17 avril prochain. « De toutes les manières, les gens n’ont pas le coeur à voter. Nous vivons depuis des semaines dans un climat de panique. Et dans les quartiers de Ghardaïa, ces bureaux de vote peuvent provoquer de nouvelles tensions si l’insécurité perdure », conclut ce membre du conseil des sages de la communauté Malékite.

Notez cet article