Dans un témoignage poignant, Ammar Layachi raconte comment, il y a 56 ans, le 14 juillet 1958, l’emblème national avait été brandi lors du défilé sur les Champs-Elysées par un groupe de jeunes algériens aux cris de «A bas l’Algérie française,Tahia El Djazaïr».

«Je m’appelle Ammar Layachi, je suis né le 16 décembre 1940 à Bône. Je voudrais apporter mon témoignage et raconter comment le 14 juillet a été pour moi – et pour d’autres jeunes de mon âge — la date d’entrée en clandestinité contre le colonialisme français. En l’occurrence je voudrais raconter ma première action dans les rangs du FLN. Comment celle-ci avait été préparée et organisée une semaine avant.

En 1958, ce qu’on appelait “les événements d’Algérie” avait fait revenir au pouvoir le Général de Gaulle. Cette année-là, pour le traditionnel défilé du 14 Juillet, les autorités avaient décidé de faire venir en France 4 000 anciens combattants musulmans ainsi que 3 000 jeunes, pieds-noirs et “Français musulmans”. La France voulait ainsi glorifier et justifier aux yeux du monde le bien-fondé de la colonisation.

Nous étions de jeunes sportifs de 16 à 17 ans qui, le 7 juillet 1958, faisaient pour la première fois la traversée de Bône à Marseille par bateau. Jusqu’ à notre arrivée à Marseille, nous croyions naïvement que ce voyage était une sorte de colonie de vacances organisée par nos clubs. Nous ne savions pas encore que nous venions pour le défilé du 14 Juillet, pour crier “Algérie française !”.

Une fois à Paris, nous avons été pris en charge dans un camp de toile militaire situé à Maison Laffitte en banlieue parisienne. Malgré l’interdiction de quitter le camp, nous avons trouvé le moyen de “faire le mur” pour aller à Paris : notre but était de fuir et d’entrer en contact avec des responsables FLN de la fédération de France.

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