Combattre toutes les violences faites aux femmes, des plus visibles aux plus insidieuses, faire évoluer les mentalités, reconnaître et protéger les femmes victimes de violences, faire en sorte que les droits de la femme n’existent plus que sur du papier et proposer des lois qui pénalisent sévèrement le recours à la violence contre les femmes. Tels sont les objectifs que se lancent plusieurs associations et organisations féminines en Algérie. 

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre les violences faites aux femmes, qui coïncide avec le 25 novembre de chaque année, plusieurs acteurs sociaux mènent un véritable combat sur le terrain pour lutter contre un phénomène qui prend une ampleur inquiétante dans la société algérienne.

Plus de 100 000 femmes victimes de violences chaque année

Les statistiques donnent réellement froids dans le dos. Selon les récents chiffres avancés par L’Observatoire algérien de la femme, quelque 7000 cas de violence ont été recensés depuis le début de l’année, à travers le territoire national, par les services de police. Ce chiffre ne représente, selon la directrice de l’Observatoire algérien de la femme  Mme Chaia Djafri que la partie visible de l’iceberg, puisque plusieurs femmes refusent de porter plainte par peur des représailles. Elles seraient plus de 100 000 à souffrir de la violence sous toutes ses formes, estiment plusieurs experts.

Sensibiliser, informer et éduquer pour changer les mentalités

Plusieurs campagnes de sensibilisation sont lancées sur le terrain pour endiguer ce phénomène et contribuer à un changement des mentalités. Dans ce sens, l’Observatoire algérien de la femme a lancé à Alger une campagne de sensibilisation contre les violences faites aux femmes qui touchera plusieurs wilayas. La campagne s’étalera, selon les déclarations de Chafia Djaafri, présidente de l’OAF, sur toute l’année et aura comme principaux repères la religion qui incite à la co-existence et la protection de la femme, et la constitution qui garantit l’égalité entre l’homme et la femme. Il est à signaler que l’Observatoire algérien de la femme n’est pas le seul à s’engager sur le terrain pour lutter radicalement contre les violences que subissent les femmes au quotidien. Il mérite de citer la récente initiative lancée par le collectif d’Alger Berkana Mel 3onf, qui lutte contre la violence faite aux femmes. Le collectif a appelé samedi dernier, les jeunes artistes algérois à se rassembler à la Place de la Grande Poste pour donner un spectacle de rue pour inaugurer la campagne internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

L’article (333 bis 1); vers un durcissement des sanctions

Plusieurs experts sont unanimes sur cette question : pour lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes, il ne suffit pas d’informer, de sensibiliser et d’éduquer la société, les mesures répressives à la hauteur du délit doivent suivre. C’est d’ailleurs dans ce sens que le parlement algérien devra, dans son débat programmé à l’automne, voté la mise en vigueur de l’article (333 bis 1) qui « incrimine les agissements que subissent les femmes dans les lieux publics, le plus souvent sous forme de violences verbales ou d’actes portant atteinte à la pudeur ». L’article entre dans le cadre d’un projet de loi soumis au parlement algérien et qui vise à modifier le Code pénal concernant les violences faites aux femmes et imposer des sanctions plus sévères à l’encontre des agresseurs. Il est à rappeler, par ailleurs, qu’Amnesty International a lancé, en mars 2014, une pétition internationale demandant aux Etats du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) de mettre leurs lois et pratiques en conformité avec leurs obligations internationales. L’objectif de cette action est d’adopter des réformes en droit et en pratique pour mettre fin à la violence faite aux femmes.

Par Nourhane. S.

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