L’euro, la monnaie européenne très prisée par les Algériens, a connu une hausse vertigineuse cette semaine. Les cours de l’euro ont même atteint des pics historiques : un euro a valu pas moins de 180 Da mercredi passé au square Port-Saïd. De nombreux algériens ont été « étranglés » par ces cours très onéreux.  Lorsqu’ils ont voulu acheter la précieuse monnaie européenne, ils ont été choqués par les prix affolants affichés par la bourse parallèle du marché des devises. 

Et soudainement, à partir de jeudi plus exactement, l’euro a chuté pour revenir au prix de 169, voire moins chez certains cambistes et revendeurs. Mais quelles sont les raisons de cette mystérieuse chute ? Et pourquoi les cours de l’euro jouent au yo-yo ?  Au Square Port-Saïd, les cambistes les plus influents de ce marché ont révélé à Algérie-Focus qu’en réalité, le marché est revenu à la normale après un affolement qui a duré quelques jours en raison d’une très forte demande sur l’euro. Une demande qui provient d’un « joueur de l’équipe nationale et des rabatteurs d’un richissime homme d’affaires qui a, en ce moment, des difficultés avec les autorités politiques », confient ces « traders » clandestins de la bourse des devises.

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Selon nos interlocuteurs, tout a commencé au début de la semaine passée lorsque « ce joueur international de la sélection nationale de football a ramassé pendant deux jours d’importantes sommes en euros ». Les cambistes du square n’ont pas voulu dévoiler le montant exact échangé par ce joueur de football, mais selon nos sources, il dépasse les 2 millions d’euros. En même temps, les rabatteurs de ce fameux « richissime homme d’affaires » entrent en action et commandent d’importantes quantités qui se chiffrent en plusieurs millions d’euros. Ses rabatteurs ont « acheté tout ce qu’ils trouvaient comme euros. Ils ont traité avec plusieurs gros bonnets du marché au point où les billets des 500 euros ont disparu du marché », expliquent nos interlocuteurs. Mercredi dernier, le square Port-Saïd faisait donc face à une véritable pénurie. Et les simples voyageurs ou petites bourses ont payé les pots cassés : les euros disponibles s’écoulaient à des prix très exorbitants qui ont dépassé les 180 Da.

A ce prix, les ardeurs des acheteurs se sont calmées. Et très peu de personnes ont osé casser leur tirelire pour s’offrir la précieuse devise européenne. Le marché est resté déréglé jusqu’à jeudi matin où les prix ont redescendu jusqu’à 169 Da. Et la baisse se poursuit doucement, mais sûrement car « les pourvoyeurs du square viennent de Kabylie. Ils vont approvisionner à nouveau le marché pour satisfaire les demandes des gros acheteurs qui convertissent leurs fortunes en euros dans ce contexte de crise financière où le dinar perd de sa valeur », explique l’un des acteurs les plus actifs du square Port-Saïd.

Cependant, plusieurs banquiers et financiers tablent sur une chute progressive du prix de l’euro dans les mois à venir. « La ressource en devises va se raréfier à cause des limitations imposées aux importations et les récentes mesures appliquées par les banques contre les procédés de surfacturation. Les gros bonnets de l’informel qui ne veulent pas adhérer au dispositif de l’amnistie fiscale tentent faire évader leurs fortunes en achetant tout ce qu’ils trouvent comme euro pour ne pas subir la dévaluation du dinar et perdent un argent fou. Mais, prochainement, ils ne trouveront pas suffisamment d’euros pour convertir leurs fortunes cachées. Ils seront pris au piège et la dévaluation du dinar va les ruiner s’ils ne déposent pas leur argent dans les banques pour les fructifier », décrypte enfin un expert financier qui a requis l’anonymat.