Rien ne va plus au FCE. Un des hommes d’affaires les plus controversés du forum, Mahieddine Tahkout, qui active dans le transport et la distribution automobile, a quitté l’organisation. 

Mahieddine Tahkout, qui s’est déjà distingué par des déclarations au vitriol contre l’ancien président de l’Association des concessionnaires automobile, reproche à ses «amis» du Forum des chefs d’entreprises (FCE) le «manque de solidarité» dans le conflit qui l’oppose au groupe Bellat, spécialisé dans la transformation des viandes.

Mahieddine Tahkout, qui construit une usine similaire à Boumerdès, est en effet accusé d’être derrière la campagne de dénigrement qui a ciblé, durant l’été dernier, le groupe Bellat. Une chaîne de télévision privée a même diffusé en boucle des propos attribués à Ali Haddad dans lesquels ce dernier défendait le magnat du « cachir ». «Le groupe Bellat est un producteur national. Notre devoir est de le protéger», disait le chef du FCE. Ce dernier aurait ajouté : «Un grand baron est derrière la campagne contre Bellat». Qui visait-il ? Mahieddine Tahkout ? Ali Haddad n’a pas cité de nom, mais le patron de Cima Motors semble avoir compris que ces attaques le visaient.

La démission de Mahieddine Tahkout, qui fut l’un des grands bailleurs de fonds de la campagne d’Abdelaziz Bouteflika en 2014, va probablement être suivie par d’autres. Les difficultés du FCE ne sont pas seulement liées à la démission de ses membres. L’organisation patronale a essuyé des tirs croisés de plusieurs députés (y compris ceux issus de la majorité) qui pensent que c’est le FCE qui a rédigé beaucoup d’articles de la loi de finances 2016. Autant dire que le front anti-Haddad s’élargit au-delà du FCE.

Essaïd Wakli