Remaniement/Le gouvernement idéal qu’il faut à l’Algérie

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Après de multiples bruits de couloirs, de conciliabules et de rumeurs, une « source autorisée » à la Présidence de la République a démenti tout changement gouvernemental dans les jours à venir. Mais, de l’avis commun de nombreux experts et observateurs avertis de la scène politique, l’Algérie, confrontée à une rude crise financière et une très difficile conjoncture économique, a plus que jamais besoin d’un « sang neuf » au niveau de l’équipe dirigeante. 

Mais quel serait le gouvernement idéal qu’il faut à l’Algérie d’aujourd’hui ? Quels seront les ministres qui doivent le composer et quelle sera sa véritable configuration ? Pour répondre à ces questions, nous sommes partis à la rencontre de plusieurs experts en économie, banquiers, dirigeants d’entreprises, cadres de partis politiques. Nos interlocuteurs ont confié anonymement leurs préférences, donné des noms et et exposé leur vision du gouvernement qui doit conduire en ce moment l’Algérie dans cette période très délicate.

La Rédaction d’Algérie-Focus a étudié minutieusement les divers avis pour dresser cette liste, certes pas assez exhaustive, mais qui renseigne tout de même sur les profils des dirigeants qui peuvent convenir à la situation actuelle de notre pays.

  • Un Premier Ministre comme Abdelatif Benachenhou : plusieurs de nos interlocuteurs voient en lui le profil idéal du Premier Ministre qui peut manager un nouveau gouvernement centrée sur les préoccupations économiques et financières. L’ancien ministre des Finances dispose de toutes les capacités intellectuelles pour lui permettre de comprendre les enjeux de la crise structurelle que traverse l’Algérie. Il a le background nécessaire pour identifier les solutions menant vers une diversification de l’économie nationale. Il est réputé aussi par sa discipline, sa sévérité dans la gestion. Il peut aussi conceptualiser un nouveau modèle de gouvernance et l’appliquer sur le pays. Abdeblatif Benachenhou ferait donc un bon Premier Ministre.

 

  • Au delà des nouvelles personnalités qui doivent composer ce  gouvernement idéal, l’Algérie a besoin aussi d’une nouvelle structure gouvernementale, à savoir se doter de 10 ministères uniquement et de 15 secrétaires d’Etat et ce afin de réduire les dépenses onéreuses qu’impose l’actuelle lourde machine bureaucratique. Il est par exemple conseillé de créer des super-ministres regroupant plusieurs portefeuilles comme le ministère de l’Economie qui regroupera un secrétariat à l’Industrie et l’investissement et un autre dédié au Commerce au lieu de laisser ses secteurs dans deux ministères différents. Mais qui pourra occuper le poste du ministre de l’Economie ? L’économiste, chercheur et PDG de l’INSIM, Abdelhak Lamiri a l’étoffe d’un ministre de l’Economie. Son expertise, son savoir-faire et son expérience internationale acquise dans les universités américaines lui permettront de piloter les changements nécessaires. Lamiri dispose aussi d’une véritable vision structurée concernant l’avenir économique du pays. Pour l’accompagner, un Slim Othmani nommé comme Secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de l’Investissement. L’ancien PDG de Rouiba est un homme de terrain qui connaît très bien les rouages de l’entreprise et ses enjeux. Il a une ouverture d’esprit et maîtrise les dossiers stratégiques et les blocages auxquels sont confrontés l’Industrie et l’investissement en Algérie.

 

  • L’Algérie a également besoin d’un véritable Super-Ministère des Finances qui regroupe au moins trois secrétariats d’Etat chargés de la réforme des marchés financiers. Une mission que peut honorer le banquier algérien Yassine Bouhara qui dispose d’une très riche expérience internationale où il a occupé des postes à la Deutsche Bank et UBS BANK. Avec son expertise et son réseau de connaissances, ce banquier peut moderniser nos marchés financiers encore archaïques. Ce nouveau super-ministère des Finances devra regrouper deux autres secrétariats d’Etat comprenant la direction générale des impôts et des douanes. Mais qui chapeautera ce ministère des Finances ?  Hadji Baba Ammi, l’acutel ministre délégué chargé du Budget et à la prospective convient à ce poste. Cet ancien directeur général du Trésor Public connait les subtilités du secteur et sa connaissance de la machine gouvernementale lui permettra de trouver les solutions aux soucis qui se poseront dans ce secteur stratégique.

 

  • Un Super-ministre qui s’occupera de l’Equipement est également une nécessité pour l’Algérie d’aujourd’hui. Il est question de regrouper les Travaux Publics, Hydraulique et Habitat dans le même ministère au lieu de les séparer dans des portefeuilles différents. Abdelmadjid Tebboune peut assurer le fonctionnement de ce Super-Ministère. Il est l’un des rares ministres qui donnent satisfaction en ce moment en Algérie. Sa proximité avec les cercles politiques et son expérience à la tête du ministère de l’Habitat l’aideront à maintenir le cap des changements dans ce super-ministère. Il devra juste s’entourer de secrétaires d’Etat dignes de ce nom.

 

  •  Certains ministres actuels peuvent être maintenus puisque leur bilan n’est pas aussi médiocre comme on le pense à l’image de Nouria Benghabrit qui fait de son mieux à la tête du ministère de l’Education Nationale ou de Nourreddine Bedoui à la tête du ministère de l’Intérieur qui améliore petit à petit la débureaucratisation du pays. Ceci dit, l’Enseignement Supérieur et la Recherche Scientifique a besoin d’un nouvel homme qui peut élaborer une nouvelle vision de ce secteur stratégique pour l’avenir. Benzaghou Benali peut être l’homme de cette nouvelle mission. Connu pour sa rigueur et son franc-parler, il a quand même réussi à préserver l’université de Bab-Ezzouar de toutes les énormes carences du pays. Son parcours universitaire et ses relations privilégiées avec la diaspora universitaire algérienne exilée dans les pays développés. Il saura relancer la Recherche de notre pays s’il dispose de la marge de manoeuvre nécessaire.

 

  • Au ministère de l’Energie et des Mines, un homme de terrain et d »expérience s’impose. Et le meilleur de tous s’appelle Abdelmadjid Attar, ancien PDG de Sonatrach et ancien ministre des ressources en eau. Il maîtrise très bien les dossiers de l’Energie en Algérie et leurs enjeux. Il dispose d’une vision qui opte pour la rupture avec le politiquement correct qui paralyse ce secteur dans notre pays. Un homme qui a connu très bien Sonatrach et qui peut lui permettre de redorer son blason après tant de scandales.

 

  • Au ministère de la Jeunesse et des Sports, il faut aussi des gestionnaires de qualité qui peuvent insuffler un dynamisme à ce secteur très prisé par les Algériens. Un homme comme Asloun Sid-Ali peut relever ce défi. Ce banquier est réputé pour ses qualités de managers lorsqu’il était à la CNEP et la Banque d’Algérie où il a fait partie de l’équipe des réformateurs de Hadj Nacer. Il connait, en plus, très bien les rouages du sport algérien. Il fut un ancien secrétaire général de la fédération algérienne Gymnastique. Il était aussi un ancien dirigent de plusieurs de clubs sportifs en Algérie. Il a dirigé aussi des formations sportives en France. Réputé pour être un passionné de la formation et de l’insertion des jeunes,  il saura développer une vision assez invocatrice pour une grande reforme du secteur de la jeunesse au sens large du terme.

Avec une liberté d’entreprendre et un soutien politique, cette équipe gouvernementale peut faire avancer notre pays. Si ces personnalités sont motivées et encouragées grâce à une nouvelle configuration politique orientée vers le changement, l’Algérie peut se réveiller de sa torpeur. Malheureusement, ce gouvernement idéal risque de ne jamais voir le jour parce que la volonté politique du Palais d’El-Mouradia préfère toujours le Statu-Quo.