Le pouvoir ne lâche jamais les hommes qui lui sont fidèles. A peine débarqué du gouvernement, Amar Ghoul trouve un nouveau job. Il est nommé sénateur dans le tiers présidentiel, annonce-t-on de sources sûres. Il siégera donc aux cotés des autres anciens ministres qui, même s’ils ont battu des records d’impopularité, sont nommés sénateurs.

Le jour où il a remis les clefs de la maison du ministère du Tourisme à son successeur, Abdelwahab Nouri, Amar Ghoul a en effet déclaré qu’il va servir «le président de la République» dans une autre «fonction». Une déclaration qui indique que l’homme avait déjà reçu des garanties d’être nommé ailleurs.

La question qui se pose est celle de savoir pour quel objectif Amar Ghoul est désigné membre du sénat? Ce n’est certainement pas pour lui permettre d’avoir un salaire. Sons statut d’ancien ministre lui permet d’accéder à une confortable retraite de cadre supérieur de l’Etat (près de 500 000 DA) –supérieure à l’indemnité d’un sénateur qui tourne autour de 400 000 DA. L’entourage du chef de l’Etat veut visiblement offrir un poste qui lui permet de jouir de l’immunité parlementaire en cas de difficultés.

D’anciens ministres, à l’image de Boubekeur Benbouzid, Saïd Berkat ou encore Djamel Ould-Abbès sont nommés sénateurs dans le tiers présidentiel après avoir passé de longues années au gouvernement. Comme Amar Ghoul, ils ont tous une particularité : ils sont de proches serviteurs du chef de l’Etat. Le seul critère qui vaille pour avoir un poste important.

Essaïd Wakli