Législatives 2017/ Guerre des tranchées au FFS

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Luttes sur la conception des listes pour les législatives, impossibilité de tenir une session ordinaire du conseil national et tenue incertaine du congrès : le FFS vit sa première crise interne, à quelques semaines seulement de la célébration du premier anniversaire de la disparition de son chef charismatique Hocine Aït-Ahmed.

Alors que les dissensions au sein de ce parti, qui a connu plusieurs crises de même nature durant les dernières décennies, étaient traitées en interne, la suspension d’un sénateur a jeté le trouble dans les rangs des militants. La direction du FFS a en effet suspendu le sénateur Moussa Tamadartaza, accusé d’avoir fait partie d’une délégation officielle du Conseil de la nation sans avoir informé, au préalable, les dirigeants du parti. Le parlementaire de Tizi-Ouzou a même prononcé un discours, jugé très conciliant avec les autorités, lors d’une réception organisée par le président du sénat français.

Guerre pour les législatives

Le sénateur ne s’est pas expliqué. Mais des voix s’élèvent déjà pour accuser le chef de groupe parlementaire du parti, Chaffaâ Bouaïche, d’avoir dissimulé l’information. Mais des proches de ce dernier nient tout et estiment que Tamdartaza a agi seul et ceux qui s’attaquent au chef du groupe ne le font  que «par visée électoraliste».

A l’approche des élections législatives, les appétits s’aiguisent. Les prétendants à la candidature, notamment dans les wilayates où le parti est très implanté comme en Kabylie, se livrent une guerre sans merci. Des groupes se créent autour de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, donc le présidium et d’autres responsables. C’est le cas de Rachid Halet, membre du comité de présidence, qui semble avoir pris les devants pour avoir la haute main sur la conception des listes électorales.

Pourtant, le FFS n’a toujours pas annoncé sa participationaux prochaines législatives. «Bien sûr que nous allons participer», tranche une source proche du groupe parlementaire du parti. L’annonce officielle ne sera faite que par le Conseil national. Or, les principaux responsables du parti n’arrivent même pas à s’entendre sur la date de la tenue de cette rencontre.

Autre signe d’un malaise au sein du FFS : alors que le congrès ordinaire doit se tenir courant 2017, rien n’indique que la date sera respectée. Les statuts du parti précisent que la commission de préparation de ce rendez-vous doit être constituée 6 mois avant la tenue de la rencontre. Or, pour l’instant, rien ne se profile à l’horizon. De ce fait, le Congrès devrait être repoussé à 2018.

Les prochains jours seront sans doute riches en rebondissements. Et la cohésion du FFS est sérieusement menacée.

Essaïd Wakli