Sur la question des réfugiés, le gouvernement semble mettre la charrue avant les boeufs. Il a ainsi entamé le processus d’élaboration d’une loi consacrant « les droits » des réfugiés en Algérie, notamment en matière de travail. Si une telle initiative est incontestablement louable, il n’en demeure pas moins que l’urgence est de sortir ces réfugiés de la rue et de la misère.

Le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, a réuni ses ministres, jeudi, pour étudier la question des réfugiés ainsi que la perspective de l’élaboration d’une loi les protégeant dans un contexte marqué par la montée du racisme à leur encontre.

Durant cette réunion, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, a présenté de nouvelles statistiques ayant trait au nombre des réfugiés et aux moyens consentis par l’État pour améliorer leur condition. M. Bedoui a, en outre, présenté les grandes lignes de la loi qui leur permettra d’accéder au marché du travail tout en étant protégés par la loi. Il prévoit ainsi de leur délivrer une «carte de séjour» pour régulariser leur situation administrative. La première mouture de cette loi a été transmise aux différents ministères pour émettre des avis susceptibles de l’enrichir.  Le projet de loi sera, selon toute vraisemblance, prêt en septembre pour être ensuite soumis à l’APN.

Il va s’écouler beaucoup de temps avant que le texte ne devienne effectif. En attendant, les réfugiés continuent à faire face à l’exaspération d’une population qui ne comprend pas l’absence des pouvoirs publics sur le terrain.

Il est indéniable que l’initiative du gouvernement et louable. Cependant il aurait été plus judicieux d’œuvrer d’abords à sortir ces réfugiés de la rue et de la mendicité en leur fournissant le minimum social que sont un hébergement, une alimentation saine, des soins et la scolarisation des enfants.

Massi M.