Il s’appelle Mohamed Bouzid. Il est âgé d’à peine 30 ans. Il est doctorant à l’université des sciences et de la technologie d’Oran (USTO). Et il vient de revenir du Japon, cette superpuissance technologie, où il a été distingué lors d’un prestigieux événement scientifique consacré à l’énergie solaire. Le jeune chercheur algérien a impressionné les universitaires japonais lorsqu’il a présenté son travail scientifique sur les câbles supraconducteurs, à savoir des câbles sophistiqués qui permettent de conduire le courant électrique sans résistance et sans perte. 

C’est un procédé révolutionnaire qui alimente les espoirs de la communauté scientifique internationale. Le défi est de concevoir un câble qui permet le transport de l’électricité quasiment sans pertes. Mohamed Bouzid travaille sur ce chantier complexe au laboratoire de génie électrique d’Oran (LGEO) dirigé par le professeur Boudghène Stambouli Amine. Suivi par son encadreur, le professeur Flazi Samir, Mohamed Bouzid  a mené ses expériences techniques et perfectionné son travail scientifique afin d’exposer ses résultats de recherches, en les rédigeant dans un poster scientifique. Du 8 au 16 mai derniers, il s’est déplacé, lui et deux de ses consœurs chercheurs, Ferguani Samia et Si Ali Mokhtaria, au Japon pour présenter son poster lors d’une conférence organisée à Tsukuba. Il s’agit d’un événement scientifique très prestigieux intitulé : Asia-Africa Sustainable Energy Forum jointly with the 7th International Sahara Solar Breeder Workshop – Tsukuba.

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Et à la fin de cette conférence, le poster de Mohamed Bouzid a été primé pour son excellence et sa pertinence. Le jeune chercheur algérien était en concurrence avec plusieurs autres confrères venus de Corée du Sud, d’Inde et du Japon. Cette distinction prouve que l’Algérie regorge encore de talents ingénieux capables d’offrir à leur pays un savoir technologique de pointe.

Il est à souligner que le jeune chercheur Mohamed Bouzid travaille dans le cadre du « Sahara Solar Breeder » (SSB). Il s’agit d’un programme de recherches mené dans le cadre de la coopération scientifique algéro-japonaise. « Notre objectif est de doter notre pays des équipements sophistiqués nécessaires pour exploiter l’énergie solaire de notre Sahara. Pour ce faire, nous devons maîtriser le transport de l’énergie électrique générée par des panneaux solaires installés dans le sud de notre pays. Pour transporter cette énergie sans perte, il nous faut maîtriser l’utilisation des câbles supraconducteurs. Notre laboratoire travaille dans ce sens en partenariat avec le laboratoire CASER de la prestigieuse université Chubu au Japon », explique à Algérie-Focus Mohamed Bouzid.

Ce jeune chercheur croit en l’avenir de la recherche dans son pays et refuse de céder au pessimisme ambiant. Il vient de décider de refuser de quitter l’Algérie pour s’installer au Japon. « Je rêve de pouvoir offrir à mon pays la technologie nécessaire qui lui permettra d’exploiter l’énergie solaire. C’est pour cela que j’ai préféré rester en Algérie », conclut avec beaucoup d’enthousiasme notre interlocuteur qui continue de travailler au sein de son équipe au LGEO avec beaucoup d’abnégation pour la réussite de son projet de recherches.