La banque d’Algérie vient d’adresser une correspondance très controversée à toutes les banques établies en Algérie. Il s’agit d’une note, dont nous avons obtenu une copie, qui demande étrangement aux responsables de toutes les banques algériennes et étrangères installées en Algérie de ne plus contrôler strictement les opérations bancaires effectuées par les titulaires des comptes devises résidents en Algérie. En clair, cette correspondance ordonne aux banquiers de ne pas plus bloquer les opérations au crédit et au débit de compte devises et ce même si la provenance de ses devises est douteuse ! 

C’est une note qui a choqué de nombreux banquiers algériens qui ne comprennent pas comment on peut autoriser un tel laxisme au moment où des sommes colossales de devises sont transférées illicitement à l’étranger et volées des caisses de l’Etat algérien. La récente correspondance adressée par la banque centrale algérienne autorise le retrait des devises et leurs transferts par des particuliers algériens en toute liberté sans que les banquiers ne soient obligés de vérifier l’origine de ces fonds qui vont quitter notre pays. Selon la Banque d’Algérie, « nos services sont sans cesse saisis par des nationaux résidents qui se plaignent des difficultés rencontrées auprès de leur guichet bancaire domiciliataire pour l’exécution d’opération au crédit et au débit de leurs comptes devises ».

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D’après la même Banque centrale algérienne, aucune « raison probante » ne justifie ces attitudes. Cependant, après avoir consulté de nombreuses sources bancaires, nous avons appris que cette correspondance a été élaborée par la Banque d’Algérie au moment où plusieurs hauts responsables algériens ont été empêchés par les agences des banques publiques et privées étrangères de transférer et de retirer leurs devises parce qu’ils ne voulaient pas justifier la provenance légale de cet argent.

Il est à souligner que d’après la réglementation bancaire internationalement reconnue, une banque a pour mission de surveiller les opérations de retraits et de transferts de devises pour s’assurer qu’elles ne constituent pas une manœuvre de blanchiment ou de financement du terrorisme. Les banques ont donc le devoir d’exiger des explications concernant une opération de retrait de devises en réclamant sa justification économique, la provenance et la destination des fonds, l’identité de l’émetteur ou du bénéficiaire de l’opération. La banque peut donc retarder ou bloquer une opération afin de l’analyser ou dans l’attente d’informations nécessaires pour s’assurer que celle-ci ne viole pas le cadre de la lutte contre le blanchiment. Mais tout cela est bafoué en Algérie puisque la Banque Centrale demande expressément dans ce document à nos banquiers de n’exiger aucune justification ni des explications sur la provenance des devises qui vont alimenter un compte devises.

Ainsi, il devient totalement normal d’acheter 30 mille ou 50 mille, voire des sommes encore beaucoup plus conséquentes, au marché parallèle pour les blanchir ensuite dans le circuit bancaire. La Banque d’Algérie autorise ainsi, à travers cette correspondance, indirectement le blanchiment d’argent dans notre pays. Une conduire scandaleuse qui est à l’origine des fuites de plusieurs millions d’euros à l’étranger.

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