Une enseignante égyptienne a coupé les cheveux de deux élèves âgées de 12 ans parce qu’elles n’étaient pas voilées. L’affaire, rapportée par les médias, a provoqué un scandale en Egypte.

Le père d’une des deux fillettes, Berbesh Khairi el-Rawi, a déclaré à la presse que ce professeur avait forcé ses deux élèves, le 10 octobre, à se tenir les mains sur la tête pendant deux heures, puis leur avait coupé les cheveux au sein de l’école, située dans le village d’Ourna, dans la région de Louxor. Il a ajouté avoir porté plainte auprès du procureur de Louxor.

L’enseignante, qui porte le voile intégral, se défend en minimisant la portée de son acte. «Je n’imaginais pas que couper deux centimètres était un grand crime. Je plaisantais avec elles, puis un élève a sorti des ciseaux et m’a demandé de mettre ma menace à exécution. Je l’ai fait pour conserver mon autorité» a-t-elle expliqué à la presse.

Le gouverneur de la province de Louxor a qualifié d’ « honteuse » l’action du professeur et déclaré que l’enseignante avait été transférée dans un autre établissement scolaire et privée d’un mois de salaire.

Cet incident est perçu par beaucoup comme le dernier exemple de l’islamisation progressive de la société égyptienne. L’arrivée au pouvoir en juin des Frères Musulmans fait craindre à une partie de la population un laxisme du gouvernement vis-à-vis des islamistes qui tentent d’imposer leurs valeurs au reste des égyptiens. Bien que les Frères Musulmans répètent qu’ils n’imposeront pas de strictes lois islamiques dans le pays, un débat fait rage concernant le rôle de la religion dans la nouvelle Constitution. Les laïques et la minorité chrétienne se sentent notamment visés.

L’institutrice s’explique lors d’une interview télévisée :

LS