L’Algérie s’apprête-t-elle à libérer les « détenus politiques » condamnés pour terrorisme ?

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Jamais depuis la fin « officielle » du terrorisme de masse, le sujet des « détenus politiques » est encore aujourd’hui un véritable tabou. Depuis la libération des anciens dirigeants du Front islamique du Salut (FIS) dissous, il ne reste officiellement aucun détenu politique dans le pays. Une vérité officielle largement contestée.

Un article publié ce dimanche dans le quotidien El-Khabar remet tout en cause. Il évoque la possible libération de « 140 détenus politiques » qui opéraient au sein du parti dissous du FIS, au début des années 1990. Et pour donner un semblant de légitimité à cette annonce, d’anciennes figures du parti islamiste, notamment Madani Mezrag et Hachemi Sahnouni, ont expliqué que le chef du cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, aurait donné son accord définitif pour régler « le problème » avant la fin de l’année. La libération des détenus politique arrêtés durant la décennie noire se fera au « cas par cas », précise le quotidien arabophone.

Les promoteurs d’une telle option mettent en avant la situation, parfois difficile, dans laquelle se trouvent certains de ces détenus qui sont souvent vieux et malades. Mais ils ne mentionnent pas dans quelles conditions et, surtout, pourquoi ces gens sont emprisonnés.

Selon différentes sources, ces « détenus politiques » sont en réalité condamnés, pour l’écrasante majorité d’entre eux, pour des faits liés au terrorisme. Mais « les défenseurs de ces détenus contestent le fait qu’ils soient jugés par les tribunaux militaires et les tribunaux spéciaux », explique un journaliste spécialisé dans les questions sécuritaires.

Parmi les personnes détenues, considérées comme « politiques », se trouve Mohamed Hassar. Aujourd’hui âgé de 86 ans et malade, cet enfant de la Casbah avait participé aux actions de propagande du parti dissous. Pis, la majorité de ses enfants ont pris les armes et sont devenus terroristes. Certains d’entre eux ont même été tués par les services de sécurité. Un fait qui fait dire à un spécialiste des questions sécuritaires : « On cesse d’être politique à partir du moment où on a pris les armes ».

Essaïd Wakli

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