Saudi Ben Laden Group conclu ses récentes prospections en Afrique de l’Ouest par des investissements dans les hydrocarbures au Sénégal et dans l’immobilier au Mali.

Le géant saoudien, Saudi Ben Laden Group, après une timide offensive ces dernières années en Afrique sub-saharienne, va à l’assaut de l’Afrique francophone. Conformément à la nouvelle politique d’investissement en direction du marché ouest-africain convenue par ses administrateurs, au courant de la première quinzaine du mois de juillet 2009.

IA
(Les Afriques)

Passer à la vitesse supérieure

Cette option stratégique des décideurs de la multinationale saoudienne intervient au lendemain d’opérations de prospection fructueuses, effectuées en terre africaine francophone, respectivement au Sénégal, au Mali et en Guinée, entre mai et juin. Le groupe Saudi Ben Laden, qui a décidé de promouvoir son image en Afrique subsaharienne, face à la montée en puissance des firmes asiatiques – via son programme alléchant d’investissements 2010-2014 – entend passer à la vitesse supérieure. Dans le domaine des hydrocarbures, Saudi Ben Laden arrive sur le marché sénégalais. Compte tenu de sa position stratégique, la multinationale saoudienne a fortement manifesté son intention d’acquérir 34% du capital de la SAR (Société Africaine de Raffinage) aux côtés de l’Etat du Sénégal, actionnaire majoritaire de la société à hauteur de 65,4%) et de la firme pétrolière française, Total, présente dans le capital avec 34,6%. Lourdement handicapée, ces dernières années, par les fluctuations du marché pétrolier mondial et les manquements de la politique énergétique du pays, la Société Africaine de Raffinage (SAR), qui tournait quasiment à perte, serait en passe de sortir la tête de l’eau. Le nouveau partenaire stratégique de L’Etat du Sénégal, en l’occurrence Saudi Ben Laden, a décidé de mobiliser un investissement de près de 250 milliards de FCFA à court terme pour redresser l’entreprise, ainsi « sauvée » de justesse d’un dépôt de bilan. Le groupe Ben Laden, spécialisé dans la construction d’aéroports, dans l’immobilier et les hydrocarbures, vient de boucler le round de négociations avec les autorités sénégalaises. De l’avis des officiels de la SAR, « les Saoudiens sont en bonne disposition pour accompagner le Sénégal et les termes du partenariat définis sont satisfaisants ».

Total reste prudent

Toutefois, selon nos informations recoupées, la multinationale Total adhère avec beaucoup de réserve quant au schéma d’engagement de capitalisation envisagé par Saudi Ben Laden qui passerait de 34% à 51% du capital dans les années à venir. Même si le pétrolier français est resté à la table lors des négociations avec le géant saoudien, il n’en demeure pas moins que l’heure est à l’option prudente. A en croire une source proche du dossier, « Total pourrait conserver que 20% des parts, contre 34% à l’heure actuelle, après la prise d’actions de Saudi Ben Laden à hauteur de 51% qui deviendrait l’actionnaire majoritaire ». Le reste du dispositif actionnarial va être partagé entre l’Etat et les travailleurs, poursuit notre source. Le ministre de l’Energie, Samuel Amète Sarr a décliné les ambitions du groupe saoudien qui – a inscrit dans le cahier de charges le liant à la SAR – la création d’une raffinerie d’exploitation complète et qui alimentera en produits pétroliers les pays de la sous-région africaine. Dotée d’une capacité de stockage de 1,2 million/t, largement en dessous de la demande en énergie qui serait de l’ordre de 1,8 million, la SAR compte, via son nouveau partenaire stratégique, redonner un second souffle à la filière hydrocarbures. Saudi Ben Laden group devrait libérer une première tranche des fonds, estimée à près de 120 milliards de FCFA d’ici à fin septembre 2009.

Également au Mali

Le consortium saoudien, qui poursuit son offensive sur le marché ouest-africain, est également annoncé au Mali, pour un important projet d’investissement dans le secteur immobilier. Saudi Ben Laden figurerait sur la short-list des entreprises internationales, ciblées par le gouvernement malien qui vient de lancer il y a deux mois un programme de 4850 logements à réaliser avant fin 2010. Des officiels saoudiens du groupe Saudi Ben Laden ont pris langue avec l’Office malien de l’habitat pour réaliser ces travaux sous forme d’une joint-venture public-privé. Déjà, on apprend que l’Etat malien a soumis aux partenaires financiers internationaux ce projet immobilier en juin dernier et que la Banque Islamique de Développement (BID) est pressentie comme chef de file des bailleurs pour son financement. Saudi Ben Laden, serait prêt à apporter une enveloppe de 60 milliards de FCFA en partenariat avec le secteur public malien.

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