Les relations bilatérales entre Alger et Rabat n’en finissent pas de s’envenimer. Leur ancienne rivalité a été réactivée ces dernières semaines par les incertitudes politiques prévalant dans les deux pays, comme la maladie du président algérien Abdelaziz Bouteflikaet la crise gouvernementale au Maroc.

Après plusieurs mois d’accalmie, le ton est remonté fin juin autour du débat sur la réouverture des 1600 km de frontières communes, fermées depuis 1994 à la suite d’un attentat meurtrier à Marrakech, dont le Maroc avait rendu responsable les services de renseignement algériens. Face aux trois « conditions » posées par l’Algérie -portant sur le Sahara mais aussi le trafic de drogue- Rabat a vu rouge.

Cinquante ans après « la guerre des sables », la principale pomme de discorde entre les frères ennemis reste indiscutablement le Sahara occidental, une ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc. Si l’Algérie affirme ne pas être partie prenante dans ce conflit, elle soutient les indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

Au Maroc, le patron du parti de l’indépendance (Istiqlal), Hamid Chabat, a en effet appelé en mai à « récupérer » la zone du sud-ouest de l’Algérie Tindouf, où se trouvent les camps de réfugiés sahraouis, sur fond de crise gouvernementale avec l’allié islamiste.

Du côté d’Alger, les ennuis de santé du président Bouteflika, au pouvoir depuis 13 ans, ont entraîné des spéculations sur l’évolution de la relation avec le Maroc. En attendant, l’impasse actuelle entrave fortement la mise en oeuvre de l’Union du Maghreb arabe (UMA).

Lu sur L’Express 

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