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“Ce sont des infrastructures qui n’ont jamais bénéficié d’encadrement. Une fois réceptionnées, on n’arrive pas à les faire fonctionner, car on manque de personnel qualifié. Et l’administration ne fait rien à cet effet.”

Des enveloppes budgétaires énormes ont été englouties dans des projets qui ne servent presque plus à rien. C’est le cas de certaines infrastructures culturelles à M’kira, dans la région de Tizi Ghennif. A commencer par cette école primaire réalisée au début des années 90 dans le village d’Ath Ouakli, enclavé entre cette municipalité et celle de Chabet El-Ameur (wilaya de Boumerdès). Cet établissement, qui ne ressemble plus à ce qu’il devrait être, est aujourd’hui en dégradation avancée, si bien qu’on dirait qu’il relève de l’époque coloniale. Il n’a jamais ouvert ses portes pour la simple raison que l’effectif d’élèves était toujours insuffisant. Pourquoi avoir fait tant de sacrifices pour le réaliser ?

Au village Idouchouthène, c’est une annexe administrative conçue pour rapprocher l’administration du citoyen. Celle-ci subit le même sort. Persiennes arrachées, murs décrépis, cloisons défoncées, en tout et pour tout, c’est une relique du passé. Avec le temps, elle est devenue un lieu de regroupement pour les noctambules et tous les oisifs de la localité. Sera-t-elle réfectionnée et mise à la disposition des citoyens du village et des hameaux environnants ? C’est sans doute ce à quoi doit penser la nouvelle équipe d’élus installée à la tête de cette municipalité rurale.

Le foyer pour jeunes de Taka n’est pas en reste. Plus de quatre ans après sa réalisation, il est toujours fermé. Pis encore, on a appris qu’il sert de “salon de coiffure” pour un jeune du village. Quant à ses équipements estimés à une quarantaine de millions de centimes, ils ont été carrément volés depuis des mois sans aucune suite. Pourtant, dans ce village, il n’y a rien d’autre pour satisfaire toute cette jeunesse livrée à elle-même, qui s’adonne à toutes sortes de vices, notamment l’alcool et la drogue.

Par ailleurs, il est à noter que d’autres foyers pour jeunes, implantés dans les villages de Vouhadj, Tahachat et Ath Messaoud, ne tarderont certainement pas à subir les mêmes dégradations, alors qu’au chef-lieu communal, les regards sont encore braqués vers le stade communal qui présente un constat amer, avec des vestiaires à l’abandon et une clôture arrachée. C’est tout juste un terrain vague. Pourtant, de l’argent a été dépensé pour sa restauration. C’est ce qui n’a pas encouragé les sportifs de la région à relancer le club de l’O.

M’kira qui évoluait en pré-honneur de wilaya. Tout cela incombe aux élus qui se sont succédé à la tête de cette APC et qui ont agi parfois, soit sur pression des comités de villages, soit sur injonction de l’administration qui les a obligés à programmer des structures pour lesquelles rien n’était préparé en raison de manque de statuts adéquats, notamment pour ces foyers pour jeunes ou encore ces crèches communales qui ne trouvent pas preneur en l’absence de personnel dûment affecté.

“Ce sont des infrastructures qui n’ont jamais bénéficié d’encadrement. Une fois réceptionnées, on n’arrive pas à les faire fonctionner, car on manque de personnel qualifié. Et l’administration ne fait rien à cet effet. Ces structures relèvent-elles de la direction de la jeunesse et des sports ou de celle de la culture ? Aucun texte ne l’a clarifié. C’est pourquoi, avec le temps, elles sont presque toutes vouées à l’abandon. Et c’est le cas dans toutes les communes. S’il n’y a pas d’associations qui les prennent en charge ou qui les gèrent au moins au plus vite, elles ne serviront à rien”, tel est l’avis d’un ancien élu.

Lu sur Liberté-Algérie

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