Réfugiés/ Les propos d’Ouyahia ont choqué en Algérie et à l’étranger

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Les déclarations d’Ahmed Ouyahia sur les réfugiés continuent de produire des réactions d’indignation. En dehors du RND, qui endosse docilement les déclarations de son patron, toutes les réactions sont unanimes à condamner des «propos racistes» ou «choquants».

Quelques heures après sa sortie sur des «réfugiés» qui « provoquent des maladies et autres fléaux sociaux », Ahmed Ouyahia a reçu un seul soutien de la classe politique : son parti, le RND, qui a endossé les propos de son secrétaire général. Preuve en est que les propos d’Ouyahia ne sont pas innocents, mais visent à faire le buzz afin d’éluder les attaques contre l’ancien ministre de l’industrie, Abdesselam Bouchouareb.

Cela n’a pas suffi à Ahmed Ouyahia pour s’épargner des critiques venant des organisations de défense des droits de l’Homme, de la classe politique et de la presse, notamment francophone. L’organisation Amnesty international qualifie ainsi les propos d’ouyahia de «choquants» et estime que «de tels propos alimentent le racisme et favorisent la discrimination et le rejet de ces personnes».

La même réaction d’indignation est venue du RCD qui établit un parallèle entre Ouyahia et le Front national français. Le MSP, qui met en avant les engagements de l’Algérie sur le plan international, et Jil Jadid rappellent qu’avant tout, « l’Algérie est un pays africain ».

De son coté, la Ligue algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH) a tiré à boulets rouges sur  Ouyahia. « Non, le migrant n’est ni un délinquant, ni un criminel ou porteur de maladies. Ces gens ont fui des guerres, des atrocités pour des raisons politiques, conflits armés. Donc, il est de notre devoir de nous solidariser avec eux, de les accueillir. Certes, parmi ces migrants, on peut trouver des délinquants, des criminels. Ils devront faire objet d’une procédure régulière comme on le fait avec les criminels et les délinquants algériens», indique le président de la LADDH, Noureddine Benissad à TSA.

Même la presse, notamment francophone, a pris position contre le «dérapage d’Ouyahia», comme le titre le journal Liberté, tandis qu’El Watan évoque des «propos choquants d’Ouyahia».

Les propos du directeur de cabinet de la Présidence de la République sont tellement «choquants» que la presse étrangère est largement revenue sur l’évènement. C’est le cas de l’AFP, France 24 ou encore Echarq Al Awsat.

Rania Aghiles

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