A un mois du congrès extraordinaire, les appétits s’aiguisent au RND. Un groupe de cadres, profitant de la polémique lancée par Amar Saâdani, partent à la croisade contre Ahmed Ouyahia, le secrétaire général par intérim. Le directeur de cabinet de la Présidence de la République n’a pas encore officiellement déclaré sa candidature à sa propre succession. Mais «cela ne saurait tarder», annonce Seddik Chihab, porte-parole du parti.

Des cadres, à l’instar de Nouria Hafsi, qui ont déjà mené la fronde contre Ouyahia en 2013, reviennent à la charge. Ils ont d’abord enfreint son instruction de ne pas participer à la rencontre organisée le mois de mars dernier à la Coupole du complexe olympique Mohamed Boudiaf. Puis, ils multiplient les sorties médiatiques pour barrer la route à Ouyahia qu’ils accusent d’être «ambitieux» et de n’être mu que par sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle de 2019.

Alors qu’il a toujours géré les frondes en sourdine, Ahmed Ouyahia a décidé de sortir de son silence et de contre-attaquer. Il a rendu public, hier mercredi, un communiqué dans lequel il menace les frondeurs d’appliquer «le règlement intérieur» dans le cas où ils récidiveraient. «Ce sont des gens qui n’ont plus rien à voir avec le RND», explique Seddik Chihab qui précise que sur les 12 cadres frondeurs, «sept n’ont jamais renouvelé leurs cartes d’adhésion».

C’est dans ce climat délétère que le RND s’apprête à organiser, samedi, les congrès de wilaya, avant la tenue, la semaine d’après, des pré-congrès régionaux. Une occasion pour les opposants au SG par intérim de «mesurer» leur représentativité, rappelle Ouyahia qui «ne tolère pas» qu’une «minorité impose sa loi» dans le parti.

Les jours à venir vont être décisifs, surtout qu’en dehors de Ouyahia, un autre candidat mène déjà campagne dans une élection qui se tiendra, pour la première fois, à bulletins secrets.

Essaïd Wakli