Soucieux d’éviter au pays des «troubles», trois personnalités de premier plan ont lancé un appel, rendu public dimanche, pour ne pas permettre au «groupe qui s’est emparé indûment du pouvoir» d’aller vers un 5e mandat pour Abdelaziz Bouteflika.

Les trois signataires, Abdennour Ali-Yahia, Rachid Benyelles et Ahmed Taleb Ibrahimi partent du constat que le chef de l’Etat est «totalement absent» et qu’il est «exhibé pour dissiper les rumeurs et montrer qu’il est toujours en vie». Mais pour eux, il ne fait aucun doute qu’Abdelaziz Bouteflika est dans un «état de délabrement physique qui ne laisse aucun doute sur son incapacité à gouverner».

Les trois personnalités accusent «ceux qui détiennent réellement le pouvoir», à savoir «l’entourage familial du Président et un groupe de puissants oligarques», de «pousser l’arrogance et le mépris envers les citoyens jusqu’à préparer la candidature pour un cinquième mandat présidentiel, d’un vieil homme impotent et incapable de s’exprimer». C’est cette perspective qui pousse ces trois hommes politiques au long cours de s’écrier «trop, c’est trop».

Ali-Yahia, Benyellès et Taleb Ibrahimi demandent donc à toute la classe politique de mettre de coté leurs «divergences culturelles, linguistiques et politiques» pour «faire barrage à ceux qui ont confisqué notre destin depuis près de 20 ans». «Nous devons parler d’une seule voix et nous mobiliser derrière des partis de l’opposition qui s’engageront à respecter un programme d’action commun visant à l’instauration de la démocratie».  Les signataires demandent également à l’armée de se «démarquer de manière convaincante du groupe qui s’est emparé indûment du pouvoir».

Rania Aghiles