Des dizaines de militants se sont fait arrêtés, ce samedi matin, par la police en face du siège du Mouvement démocratique et social (MDS). Leur crime ? Ils se rendaient simplement au cimetière d’El Alia pour rendre hommage au président algérien Mohamed Boudiaf, assassiné il y a 21 ans.

Les personnes arrêtées dans la matinée par la police étaient principalement des membres de deux organisations : le Mouvement démocratique et social et la Coordination nationale des gardes communaux et de patriotes. Parmi les nombreuses interpellations, il y a eu celles du coordinateur national du MDS ainsi que du coordinateur et du porte-parole de l’organisation des gardes communaux. Les militants expliquent qu’un « dispositif policier exceptionnel » a été déployé autour du siège du MDS, situé Boulevard Krim Belkacem à Alger Centre.

« Qu’avaient-ils donc fait pour être ainsi pris, sans ménagements, et maintenus isolés les uns des autres dans différents commissariats de police ? », s’interroge le MDS dans une déclaration rendue publique à la mi-journée. « Ils se rendaient à El Alia pour commémorer l’assassinat de Mohamed Boudiaf », poursuit le communiqué, avant d’expliquer que « le cimetière était lui-même l’objet d’un encerclement spectaculaire pour empêcher le rassemblement des citoyens et des militants des différentes organisations de la société civile qui avaient appelé à se recueillir à la mémoire du défunt Président du HCE ».

Le MDS a déclaré s’élever « vivement contre ces pratiques arbitraires d’une police politique qui s’abat sur toute activité démocratique, venant démentir toutes les proclamations sur la volonté de réforme de l’Etat. Cette nouvelle hogra souligne la détermination du pouvoir à réprimer toute voix autonome et contestatrice, quelle que soit la forme d’expression, aussi pacifique ou solennelle qu’elle soit ».

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