11 enfants violés. L’homme reconnu coupable, un Espagnol de 60 ans, a été gracié par le roi Mohamed VI après seulement 2 ans de prison. Tels sont les faits qui ont provoqué l’indignation la plus totale du peuple marocain, dans les rues autant que sur les réseaux sociaux. Et, pour attiser l’incompréhension et la colère des Marocains, les manifestations organisées afin de protester contre la décision royale ont été violemment réprimées. 

Vendredi 2 août, le Maroc apprend avec stupeur que son roi a gracié un pédophile espagnol. La nouvelle fait très rapidement le tour du pays et se diffuse à l’étranger. Un sentiment d’injustice et d’impunité des criminels se diffuse comme une traînée de poudre sur le territoire marocain ainsi que sur internet. Beaucoup pensent que l’Etat vient d’envoyer un message aux pédophiles, qui s’apparenterait à « venez au Maroc, vous ne serez pas trop sévèrement punis ».

Le soir même, vendredi après le ftour, plusieurs milliers de citoyens marocains estomaqués se rassemblent à Rabat devant le Parlement pour un sit-in en guise de protestation contre la décision royale. « Vive le peuple, où est la justice ? » « Non à la pédophilie » « Une honte internationale, il n’y a ni droits, ni liberté ». Tels sont quelques-uns des slogans scandés pendant la manifestation. Mais le rassemblement tourne court puisque la police intervient et disperse violemment les manifestants. Des dizaines de personnes sont blessées, notamment des photographes et des journalistes.

Les images des blessés sont postées sur Facebook et sur Twitter. Les internautes ne cessent de réagir. Toutes les heures, ils sont des centaines à poster des articles, des commentaires ou des photos sur la manifestation et la violente réaction des forces de l’ordre. L’incompréhension est au rendez-vous : pourquoi gracier un pédophile et réprimer des citoyens qui manifestent pacifiquement ?

Malgré la violente répression qui s’est abattue vendredi sur les manifestants, les Marocains ont prévu de réitérer ce samedi soir leurs actions de protestation. Un rassemblement est prévu à 17 heures à Agadir, tandis que dans les autres villes, les citoyens se réuniront à partir de 22 heures.

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