Face à la menace de « Daech » qui cherche à s’implanter en Algérie en orchestrant des opérations d’enlèvements de ressortissants occidentaux,  la Présidence de la République n’envisage pas de rester les bras croisés. Si l’Etat-Major de l’armée est chargé, pour sa part, de mener des opérations militaires dans les maquis terroristes jusqu’à la neutralisation définitive des cellules de « Jounoud El Khilafa », le général Tartag, ex numéro 2 du DRS et nouveau conseiller d’Abdelaziz Bouteflika, a été désigné, quant à lui, comme « le chef de guerre » contre cette nouvelle menace terroriste. 

Le renseignement, l’infiltration des groupes djihadistes qui pullulent aux frontières de l’Algérie avec la Libye et la Tunisie, la mise à nue des sources de financements des filiales de Daech et la protection des intérêts des puissances occidentales en Algérie, voici les nouvelles missions sur lesquelles travaillent en ce moment-même le général Athmane Tartag qui gère désormais toutes les questions liées à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme au Palais d’El Mouradia. Plusieurs sources sécuritaires concordantes ont appris à Algérie-Focus que le Général Tartag a été chargé d’élaborer « un plan de guerre » face aux potentielles cellules de Daech en Algérie. Le haut gradé du DRS aura à son service ses propres agents et brigades qui interviendront essentiellement dans le renseignement pour mettre en échec la moindre future nouvelle action terroriste sur le territoire algérien. Le général Tartag sera autonome et ne sera associé qu’occasionnellement aux autres services de l’Etat-Major de l’armée et du DRS, le service de renseignement officiel. Le général Tartag fournira à la Présidence des informations sensibles qui permettront d’ajuster les décisions présidentielles en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.

Mieux encore, le général Tartag a d’ores et déjà soumis un premier rapport à la suite de l’enlèvement et l’exécution de l’otage français Hervé Gourdel. Un rapport où des mesures concrètes sont détaillées. Ainsi, a-t-on encore appris, parmi les mesures proposées, il est question de multiplier les interrogatoires avec toutes les personnes considérées comme proche de la mouvance salafiste et djihadiste en Algérie, de surveiller de tout près les ressortissants occidentaux présents en Algérie en renforçant le contrôle de leur circuit de déplacements dans toutes les régions du pays et en approfondissant les enquêtes sur l’entourage et les proches algériens de ces ressortissants étrangers. Des missions de renseignement à l’étranger pour évaluer le degré de préparation des groupes djihadistes qui collaborent avec Jounoud El Khilafa, ont été également recommandées. Multiplier les canaux de communication pour brouiller les informateurs des terroristes. L’autre préoccupation du général Tartag semble être, a-t-on indiqué, les sources de financement de Jounoud El Khilafa. Ce groupe terroriste, en dépit du nombre encore réduit de ses nombres, à peine quelques dizaines d’éléments, disposerait d’importantes sommes en liquide pour soudoyer des informateurs qui pourraient lui fournir des informations stratégiques sur le déplacement des cibles visées par les enlèvements.

Enfin,  l’infiltration de combattants étrangers inquiète le général Tartag qui aurait élaboré un dispositif pour mettre hors d’état de nuire ces terroristes étrangers qui veulent semer le chaos en Algérie. La concrétisation de ces mesures et mise en application de ce nouveau plan de guerre, qui viendra s’ajouter aux actuelles opérations et manœuvres des différentes institutions militaires, interviendront dans les prochains jours. Face à Daech et « Jounoud El Khilafa », l’expérience de cet officier chevronné sera certainement précieuses. C’est du moins ce qu’espère la Présidence de la République. Celle-ci veut à tout prix que le scénario de la décapitation de Hervé Gourdel ne se reproduise pas à nouveau