En Algérie, le premier frein à l’investissement, à la création de la richesse et de l’emploi, c’est la législation ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, des projets d’investissements de plusieurs millions d’euros pouvant créer des milliers d’emplois ont été gâchés par une loi archaïque inadaptée à la modernité. 

Cela se passe à Bordj Bou Arreridj, une région située à plus de 227 Km à l’est d’Alger. Un projet d’investissement qui était censé créer environ 3000 emplois est bloqué depuis plusieurs mois à cause de la fameuse loi sur le foncier. Effectivement, le groupe Benhamadi, l’un des plus importants groupes privés en Algérie, a réussi à nouer un partenariat prometteur avec le constructeur chinois Hisense, l’une des leaders mondiaux dans la fabrication d’équipements électroménagers, a-t-on appris de plusieurs sources concordantes. Dans le cadre de la loi 51/49, le chinois Hisense  a donné son accord pour s’associer avec l’opérateur algérien dans l’optique de mettre en place à Bordj Bou Arreridj une usine qui fabriquera jusqu’à 3 millions d’unités de machines à laver, de réfrigérateurs et cuisinières par an. 50 % de cette production sera destinée pour l’exportation. Une première dans l’histoire de l’industrie algérienne. Tout est prêt pour concrétiser cet immense projet. L’opérateur algérien dispose des ressources financières nécessaires, l’investisseur chinois est prêt à mettre le paquet également. Cependant, il n’y a pas d’assiette foncière pour accueillir cet ambitieux projet ! Oui, tout est là sauf le terrain. Et pour cause, la loi sur le foncier en Algérie classe les terres qui se situent au-delà du périmètre urbain comme des terres agricoles sur lesquelles il est interdit de bâtir des usines.

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De prime abord, protéger les terres agricoles est fort louable. Mais quand ces terres-là sont abandonnées et mises en jachère, inexploitées et délaissées, pourquoi ne pas les dédier à un projet industriel qui va créer de la richesse et de l’emploi ? A cette question, la loi algérienne ne fournit aucune réponse puisque seul le ministère de l’Agriculture doit donner son feu vert et déclasser un terrain agricole. Aucun Wali ne peut mener cette procédure au nom de l’intérêt général. Tout est centralisé au niveau d’un ministère à Alger où des technocrates enfermés dans leurs bureaux décident et imposent leur diktat sans tenir compte des besoins de développement de toute une région. Dans ce contexte, le Wali de Bordj Bou Arreridj a demandé depuis longtemps l’attribution de 70 hectares pour développer encore davantage la zone industrielle devenue trop étroite pour accueillir de nouveaux projets ou soutenir l’extension des entreprises déjà présentes sur place. Le temps passe, presse aussi, et cette demande n’a toujours pas abouti. Les projets sont à l’arrêt et les terres servent de refuge pour les chiens errant ou de décharges sauvages.

Pis encore, un terrain de 11 hectares est d’ores et déjà disponibles au coeur de la zone industrielle de Bordj Bou Arreridj. Une surface suffisante pour démarrer le projet ambitieux de Hisense avec le groupe Benhamadi, propriétaire déjà du fabricant de l’électronique et de l’électroménager Condor. Néanmoins, cette surface abandonnée appartient à l’ex Sonelec. Il suffit d’une simple décision de la part du Conseil des participations de l’Etat autorisant la cession de cette assiette foncière pour que le projet de Hisense et du groupe Benhamadi puisse enfin démarrer avec à la clé 3000 emplois, sans compter les emplois indirects et les perspectives d’exportation qui s’offrent à l’Algérie. Une simple décision pour que le rêve devienne enfin réalité. Mais cette décision se fait attendre. Et personne ne veut débloquer ce dossier. Plusieurs millions d’euros sont gelés et l’économie algérienne perd une chance inouïe conquérir des parts de marchés à l’international.   Un véritable gâchis à cause d’une législation inadaptée et d’un législateur qui manque cruellement d’imagination. Triste Algérie…