Les citoyens d’Azeffoun, ville côtière située à environ 65 km au nord de Tizi Ouzou sont en colère. Dans une déclaration rendue publique, un comité citoyen de cette ville pointe du doigt une association  qualifiée « d’islamiste » et d » »intégriste » qui fait dans le « prosélytisme » et « la provocation envers la population locale ». 

Cette association dénommée «Amel», est «chassée de partout à travers la wilaya pour ses activités vraiment suspectes. Ils font dans le prosélytisme religieux et la provocation, cela avec la complicité de l’administration et des pouvoir publics qui ne bougent pas le petit doigt», explique un des habitants d’Azeffoun, joint par téléphone ce samedi matin par Algérie-Focus. « Ce n’est pas à ces gueux de nous enseigner la religion, ou de donner des leçons à nos femmes pour leur apprendre comment elles doivent s’habiller et se comporter. Les traditions kabyles sont millénaires, et la population d’Azeffoun est l’exemple de la sauvegarde et de la perpétuation de ces traditions.  Nous n’allons jamais troquer ces valeureuses traditions au profil d’une sous-culture qui n’est ni algérienne, ni africaine et encore moins kabyle» s’emporte un autre habitant qui réagit à chaud à propos de cette initiative préparée par l’association incriminée.

Il s’agit plus exactement d’une journée organisée par ces islamistes et qui porte comme thème «tahadjabi wa la taraddadi ». Une journée qui prétend donner des leçons aux filles d’Azeffoun sur leur manière de s’habiller, en les incitants à porter le voile islamique. «C’est un habit qui n’a rien d’islamique. Il représente peut-être des cultures de pays orientaux, mais nous, nous avons notre culture et on ne va pas la troquer. Donc nous invitons ces gens à aller organiser ce genre de manifestations en Iran, en Irak, au Pakistan, en Arabie-Saoudite ou ailleurs, mais pas à Azeffoun !», s’indignent plusieurs habitants contactés par nos soins.

Dans une déclaration rendue publique avant-hier jeudi, ce collectif de citoyens d’Azeffoun estime que «cette initiative intégriste est plus qu’une provocation, une agression contre une Kabylie rebelle qui refuse le projet intégriste porté par les fondamentalistes islamistes avec la complicité du pouvoir en place». Pour les rédacteurs de ce document, l’action de cette association «ne s’inscrit ni dans la culture, ni dans les valeurs, encore moins dans l’ambition de la Femme Algérienne pour son émancipation citoyenne, ses droits et ses libertés. Ses motivations sont à percevoir dans le projet de société de « la famille qui recule ». Elle veut prendre en otage la Femme Algérienne, sur laquelle repose l’espoir et l’avenir d’une Algérie libre et démocratique ! C’est à ce symbole que ses intégristes veulent s’attaquer », expliquent-ils.

Les citoyens d’Azeffoun, faut-il le rappeler, étaient parmi les premiers à prendre les armes contre la nébuleuse terroriste qui sévissait en Algérie en 1994, à travers l’historique épisode de la chasse armée des villageois d’Igoujdal contre les groupes terroristes dans la région. Ce qui avait donné lieu, plus tard, à la naissance de groupes de légitime défense (GLD).

« Azeffoun, ville de Femmes et d’Hommes de culture, bastion de la résistance au projet intégriste, ne peut accepter que son sol soit le laboratoire pour un projet totalitaire. Les citoyens et les citoyennes doivent exprimer pacifiquement leur refus et leur indignation et s’opposer pour que cette manifestation n’ait pas lieu » concluent-ils.

Arezki Ibersiene

Les citoyens d’Azeffoun se mobilisent contre une association « intégriste »
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