Après Abdelaziz Belkhadem et Ahmed Ouyahia, l’ancien président du MSP, Aboudjerra Soltani, revient sur la scène médiatique. Mais au lieu d’un « retour» symbolique habituel, l’ancien ministre d’Etat «sans portefeuille» se propose de revenir à la tête de son parti.

Et si Soltani veut revenir à la tête du MSP, ce n’est pas que pour son prestige personnel. L’homme veut entraîner, de nouveau, le parti islamiste dans le giron du pouvoir. Il espère ainsi voir sa formation politique reprendre du service au nom du « consensus » national. «La politique n’est pas faite que du noir ou du blanc. Ils sont nombreux, dans le Conseil consultatif, à vouloir réintégrer le gouvernement pour reconstituer le consensus national », indique Soltani sur les colonnes d’Echorouk.

C’est la deuxième fois, en l’espace de quelques jours, que l’ancien président du MSP fait une sortie médiatique pour demander au prochain conseil consultatif (conseil national du parti) de renverser Abderrezak Makri et mettre fin ainsi à près de trois années de « rébellion ». Car, depuis que Abderrezak Makri a pris les rênes du MSP, le parti s’est radicalisé et fait partie intégrante de l’opposition au pouvoir. Et le ton utilisé par l’actuel président du parti est tellement tranché qu’on ne peut le soupçonner d’ambiguïté. Son opposition est claire, nette et dépourvue de zones d’ombres.

L’initiative d’Aboudjerra Soltani semble s’inscrire dans une démarche globale de reconstitution de l’Alliance présidentielle, enterrée depuis que ses trois principales figures ont été évincées de leurs partis respectifs. Mais, ironie de l’Histoire, Abdelaziz Belkhadem, tout autant qu’Ahmed Ouyahia et Aboudjerra Soltani reprennent l’initiative ces derniers temps dans la perspective d’un retour aux affaires.

Ces «retour» sont-ils le signe du renforcement du clan présidentiel ou c’est plutôt un nouveau scénario de succession qui se profile à l’horizon ?

Essaïd Wakli

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