Pour déployer ses grandes oreilles, la France lorgne vers les profondeurs de la Méditerranée. Ce sont en effet les câbles optiques sous-marins qui fournissent aux espions français de précieuses informations par l’écoute des milliers de communications qui proviennent de plusieurs pays, dont l’Algérie. C’est ce que révèle le dernier numéro du magazine le Nouvel Observateur.

Selon le Nouvel Observateur, la France dispose d’une quinzaine de locaux névralgiques qui accueillent des fibres optiques qui relient l’Europe à l’Afrique, l’Asie, les Etats-Unis ou même l’Amérique du sud. Depuis 2008, les services secrets ont mis en place un vaste plan visant à dupliquer une grande partie du trafic transporté par ces câbles, à commencer par le très stratégique câble sous-marin SE-ME-WE-4, piraté par ailleurs par la NSA, qui relie Marseille à Singapour, en passant par l’Algérie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, la Somalie ou l’Inde.

Pour réaliser leurs écoutes, les services secrets français ont eu recours à deux grandes sociétés, à savoir Orange et Alcatel-Lucent. Or, cette dernière, considérée comme l’une des plus avancées dans le domaine, a conclu récemment un nouveau contrat avec l’Algérie. L’accord, signé en avril dernier avec le ministère algérien de la Poste, des technologies de l’information et de la communication (MPTIC), porte sur le déploiement du système Orval, un câble sous-marin en fibre optique qui s’étend sur plus de 560 km entre Oran, en Algérie, et Valence, en Espagne, selon un communiqué de la multinationale française.

Le câble est donc susceptible de faire l’objet d’écoutes de la part des services français. Mais les autorités algériennes n’ont toujours pas donné leur version des faits.

Essaïd Wakli

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