Violences sexuelles en Algérie/ Seulement une adolescente sur cinq porte plainte

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Encore et toujours les tabous ! En Algérie, les jeunes filles victimes d’agressions et de violences sexuelles dans la rue n’osent pas déposer plainte. A peine une adolescente sur cinq porte plainte contre ses agresseurs, nous apprend la juriste Nadia Ait Zai qui collabore régulièrement avec les services de sécurité sur le dossier délicat des violences sexuelles dans notre pays. Ce chiffre inquiétant renseigne sur l’ampleur de la loi du silence qui sévit face aux crimes sexuels.

Cet état de fait s’explique essentiellement par le conservatisme social qui tend à culpabiliser la jeune fille agressée sexuellement. La victime, par honte, s’abstient de révéler son malheur sachant qu’elle sera accablée par son entourage. « C’est de ta faute. C’est toi qui a aguiché tes violeurs », c’est la réflexion que de nombreuses jeunes femmes algériennes se voient répliquer régulièrement dans leurs familles et entourage. « Quand nous comparons les chiffres avancés sur la violence sexuelle contre les adolescentes et ceux liés au nombre de plaintes déposées, nous constatons que très peu de victimes parlent de leur agression et qu’une victime sur cinq dépose plainte », a affirmé dans ce contexte Mme Ait Zai, dans un exposé sur l’état des lieux quant à ce phénomène, en se référant à des données de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et la Gendarmerie nationale.

Évoquant enfin le nombre de plaintes relatives aux actes de violences sexuelles contre les adolescentes, déposées au niveau de la DGSN, elle a mentionné que seulement 3.634 plaintes ont été enregistrées durant la période entre 2010 et 2014. Dan ce nombre global, 1.869 concernent les attouchements, 987 liées à l’attentat à la pudeur et 678 aux viols.

Ces chiffres n’illustrent aucunement l’ampleur inquiétante des violences sexuelles dans notre pays. D’après la juriste Nadia Ait Zai, il est nécessaire aujourd’hui de procéder à une nouvelle enquête de prévalence sur la violence sexuelle contre les adolescentes après celle réalisée en 2006, en vue de « mieux mesurer l’ampleur de ce phénomène ».