Les cours du pétrole continuent leurs dégringolades pour atteindre aujourd’hui jeudi 17 décembre 37.02 dollars US. Cette tendance baissière menace clairement la stabilité du pays poussant ainsi les décideurs algériens à exercer des pressions sur les instances de l’OPEP pour tenter de faire remonter ces prix du pétrole qui se dégringolent. 

 

L’Algérie poursuit désespérément sa quête visant à conduire les membres de l’Opep vers le chemin du consensus, espérant ainsi stabiliser les cours du pétrole pour que les « choses changent » dans un marché qui persiste dans sa tendance baissière, a affirmé mercredi à Alger le ministre de l’Énergie, Salah Khebri. « Nous continuerons à travailler pour essayer d’arriver au sein de l’OPEP à un consensus pour la stabilisation des prix du pétrole », déclare le ministre dans une énième tentative de réguler un marché que les experts jugent aujourd’hui hors de contrôle des pays producteurs.

Dans un article publié récemment par Algérie-Focus, l’ancien secrétaire d’État chargé de la statistique,  le professeur Sid Ali Boukrami, expliquait les mécanismes actuels régissant le marché des hydrocarbures marqué par l’incapacité des pays producteurs à fixer des prix du brut. Le marché échappe, désormais, totalement à leur contrôle et est. Cette tendance baissière continuera dans la durée selon les estimations de plusieurs cabinets de notations suivant une dynamique répandant aux règles d’un marché qui a connu beaucoup de mutation avec l’arrivée de nouveaux producteurs de pétrole à l’instar des États-Unis et l’augmentation de la production d’autres pays comme l’Iran.

Malgré toutes ces données, les autorités algériennes s’entêtent à rester figées sur les politiques rentières illustrées par ces propos du ministre de l’Énergie : « Nous continuerons à militer pour que les choses changent ». Et pourtant, les études actuelles démontrent que les choses ne changeront pas et la tendance baissière ne commencera à reculer timidement qu’en 2020.

L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) a indiqué la semaine dernière que « l’excès mondial (de brut) ne serait pas résorbé avant la fin de l’année prochaine ». L’augmentation potentielle de la production iranienne de pétrole en 2016 et la résistance que montre la production américaine de pétrole de schiste « signifie que le surplus sera dur à éliminer ». Les cabinets de notations affirment même que le prix du pétrole avoisinera prochainement les 30 dollars ce qui mettra à nue la politique de l’Etat algérien et sa capacité à gérer les situations de crises. A  tout cela, il faut ajouter une autre baisse des cours de gaz naturel. Le cabinet de notation « Moody’s » a également abaissé son estimation des cours du gaz naturel américain pour 2016, 2017 et 2018.  En plus de l’amenuisement des recettes pétrolières, notre pays verra également sa rente gazière lui ramener de moins en moins de revenus. 

Massinissa M.