Crédibilité/Le ministre des Finances ridiculisé par les PDG des Banques

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Les ministres n’inspirent plus le respect en Algérie. Au contraire, on se permet même de les mépriser et de les ridiculiser publiquement. Preuve en est, hier dimanche, au siège du ministère des Finances, le ministre Abderrahmane Benkhalfa, a convoqué l’ensemble des PDG et patrons des banques publiques et étrangères ainsi que leurs adjoints en charge de la trésorerie et du marché, pour étudier, à l’occasion d’une réunion de travail, les mécanismes du futur emprunt obligataire national dont le gouvernement devrait annoncer le lancement dans les prochaines semaines.

Ceci dit, cette réunion stratégique a été marquée par l’absence très remarquée de tous les PDG des banques publiques et étrangères établies en Algérie, à l’exception de ceux des quatre banques françaises installées en Algérie, révèle une source du ministère des Finances qui n’a pas caché son indignation. L’absence inexpliquée des PDG des banques publiques a été vécue par les cadres du ministère des Finances comme un véritable désaveu. “Cette réunion était hyper-stratégique et les enjeux de cet emprunt obligatoire sont cruciaux pour l’avenir du pays. La défection de ces PDG est d’une indélicatesse impardonnable”, confie notre source, selon laquelle même le président de l’ABEF, Boualem Djebar, n’a pas daigné assister à cette réunion. Quant à la Banque d’Algérie, elle n’a dépêché qu’un cadre “de seconde zone”.

L’absence des managers des banques publiques et étrangères porte gravement préjudice à la crédibilité et l’autorité du ministre des Finances, dont la légitimité se retrouve ainsi contestée puisqu’il n’arrive même pas à réunir autour d’une table les principaux décideurs du secteur financier, alors que la situation du pays a plus que jamais besoin d’une autorité forte et efficace.