L’historien français Olivier Le Cour Grandmaison, attendu au Salon international du livre d’Alger (SILA) afin d’animer une table ronde sur les luttes anti-coloniales aux cotés de Dahou Djerbal et Aïssa Kadri notamment, a décidé de boycotter la manifestation pour cause d’interdiction de participation des deux derniers.

Voici le texte intégral de la déclaration d’Olivier Le Cour Grandmaison qui, rappelons-le, plaide en faveur de la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux en Algérie:

« Dans le cadre des manifestations culturelles et académiques qui ont lieu chaque année au Salon international du livre d’Alger (SILA), une table-ronde consacrée aux luttes anticoloniales doit avoir lieu le 1er novembre 2017. Parmi les intervenants, invités depuis longtemps à y participer, sont prévus Samir Amin, Daho Djerbal, Aissa Kadri et moi-même. A la suite de la publication d’un appel pour l’organisation d’une élection présidentielle anticipée en Algérie, signée par D. Djerbal et A. Kadri, entre autres, la direction du SILA a décidé d’annuler la participation de ces deux personnalités. Le quotidien El Watan du 10 octobre a rendu compte de cette décision pour le moins singulière qui ne peut être interprétée que comme un acte inacceptable de censure. De même, la Ligue algérienne des droits de l’homme qui s’est élevée contre cet oukase. Eu égard à la situation ainsi créée par la direction du SILA, je refuse de me rendre à cette table-ronde. Mon attachement aux droits et libertés démocratiques élémentaires m’interdit d’être complice, par ma présence ou mon silence mêmes, de tels agissements. Indépendamment du contenu de l’appel incriminé, ma solidarité avec les personnalités exclues est pleine et entière. La défense de la liberté d’expression ne se divise pas et les atteintes portées à cette dernière sont partout inadmissibles.

O. Le Cour Grandmaison