L’Algérie, qui regrette finalement la signature de l’accord d’association avec l’Union Européenne, n’est pas pressée d’adhérer à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

«Le dossier est en cours. La demande d’adhésion a été déposée depuis 25 ans. Nous sommes toujours demandeurs, mais nous irons à notre rythme», a déclaré, aujourd’hui, le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, dans un entretien accordé à l’APS.

D’après lui, tous les pays veulent bénéficier des avantages accordés à l’Union européenne, dans le cadre de l’accord d’association, mais «cela n’arrange pas l’Algérie». C’est à ce titre que le responsable du département du commerce cite des experts qui ont estimés que «l’Algérie n’aurait jamais dû signer un accord d’association avant d’adhérer à l’OMC».

Et le pays voudrait certainement «revoir» certaines clauses de cet accord d’association. «Nous irons à l’OMC avec des droits de douanes nuls, tels qu’accordés aux Européens, alors que la Chine, membre éminent de l’organisation, a des filières protégées de 80 à 90%.

Il faut donc remettre à niveau notre droit de douane et convaincre l’UE et la ZALE de la nécessité de la démarche», a encore ajouté le ministre. Signé en 2002, l’accord d’association avec l’UE est entré en vigueur en 2005. Selon des chiffres des Douanes algériennes, rendus publics l’année passée, le manque à gagner en matière de fiscalité douanière de 2005 à 2015 s’élève à plus de 700 milliards de dinars (près de 7 milliards de dollars). Les exonérations douanières profitent seulement aux européens, étant donné que l’Algérie n’exporte pas grand-chose, hormis le pétrole. Par ailleurs, la première demande d’adhésion de l’Algérie à l’OMC (à l’époque le GATT, l’accord général sur les tarifs douaniers) remonte à 1987. Et le groupe de travail chargé de l’accession de l’Algérie à cette organisation s’est réuni pour la première fois en 1998. Par la suite, il y a eu 12 rounds de négociations.

Elyas Nour

Commerce/L’Algérie, pas pressée d’adhérer à l’OMC
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